Capgemini défie la crise avec sa force de frappe en Inde

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par Cyril Altmeyer

PARIS (Reuters) - Capgemini compte sur sa présence en Inde, où les coûts sont moins élevés, et sur sa capacité à proposer des offres mondialisées pour contrer en 2013 la morosité de la conjoncture économique en Europe.

Le numéro un européen des services informatiques vise pour cette année une croissance organique de son chiffre d'affaires comparable à celle de 1,2% affichée en 2012 à 10,264 milliards d'euros, grâce au dynamisme du marché nord-américain qui assure un cinquième de son activité.

Capgemini compte dégager en 2013 une marge opérationnelle supérieure à 8,0%, après l'avoir améliorée de 0,3 point à 7,7% en 2012.

Les analystes attendaient en moyenne un chiffre d'affaires de 10,230 milliards d'euros et une marge d'exploitation de 749 millions, soit une marge de 7,3%, selon le consensus de Thomson Reuters.

Pour se conformer aux pratiques de ses concurrents, Capgemini a également introduit une prévision de marge opérationnelle avant amortissement des actifs incorporels reconnus lors des acquisitions, qu'il anticipe supérieure à 8,3% en 2013 contre 8,0% en 2012.

"Nous avons un groupe capable d'améliorer sa marge opérationnelle, même par temps médiocre", a déclaré le PDG Paul Hermelin lors d'une conférence téléphonique.

Il a toutefois dit constater dans ses échanges avec les grands clients du groupe "un certain appétit vers l'investissement", tourné à la fois vers la recherche d'économies et les innovations technologiques, telles que le "cloud computing", le stockage sécurisé de données à distance.

Capgemini a franchi le cap des 50.000 collaborateurs dans des pays "offshore", c'est-à-dire où la main-d'oeuvre est meilleur marché, comme l'Inde où il emploie désormais plus de 41.000 personnes, sur un total mondial de 125.110 personnes.

L'IMPORTANCE D'ÊTRE GLOBAL

Le groupe réalise désormais 8% de son chiffre d'affaires dans les pays émergents contre 2% il y a deux ans, réduisant dans le même temps sa dépendance à l'Europe, qui représente encore 72% de son chiffre d'affaires contre 80% en 2010.

En France, qui reste son premier marché, Capgemini a vu son chiffre d'affaires reculer de 2,1% en 2012 à change et périmètre constants.

"Nous sommes fiers d'être le premier européen mais je crois qu'il est bon pour le groupe d'être un acteur global", a noté Paul Hermelin.

"Aujourd'hui Capgemini est capable de suivre ses grands clients sur des déploiements mondiaux (...), des contrats globaux qui étaient auparavant un peu l'apanage d'IBM ou d'Accenture", a-t-il dit, citant des contrats avec Michelin ou Unilever.

Paul Hermelin a dit continuer à rechercher des acquisitions qui permettent au groupe d'accélérer sa transformation, sans toutefois prévoir d'annonce imminente.

Il a précisé vouloir se renforcer aux Etats-Unis et a noté que les prix des cibles, qui s'étaient calmés avec la récession, sont désormais plus élevés qu'il y a un an.

Capgemini prévoit au titre de 2012 un dividende d'un euro par action, stable comparé à 2011.

L'action a clôturé en hausse de 0,63% à 36,86 euros avant la publication de ces chiffres, donnant une capitalisation de 5,96 milliards. Elle a gagné 12,2% depuis le début de l'année après avoir bondi de 36% en 2012.

Edité par Dominique Rodriguez

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