Canoë: Tony Estanguet, olympien dans l'âme

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TONY ESTANGUET RANGE SON CANOË
TONY ESTANGUET RANGE SON CANOË

par Olivier Guillemain

PARIS (Reuters) - Tony Estanguet, qui vient d'annoncer la fin de sa carrière sportive, a toujours entretenu une relation passionnelle avec les Jeux olympiques, comme spectateur puis en tant que triple médaille d'or de canoë et peut-être bientôt en costume-cravate.

L'histoire d'amour a commencé à la télévision.

"Mon premier souvenir, c'est Carl Lewis en 1988", confiait le Palois avant les Jeux de Londres lors d'un entretien accordé à Reuters.

"Ensuite, il y a 1992. Je suis à Barcelone en tant que spectateur et je vois Sylvain Curinier, aujourd'hui entraîneur, remporter l'argent en kayak", égrène-t-il.

"En 1996, je vois mon frère (Patrice) gagner le bronze devant ma télé. Et en 2000, l'histoire commence pour moi."

Une histoire, ou plutôt une légende.

Quand il arrive à Sydney, Tony Estanguet est encore jeune et fringant, avec la lourde responsabilité d'assumer le fait d'avoir ravi à son frère l'un des billets qualificatifs pour le grand rendez-vous australien.

Conscient de cette chance, il saisit l'occasion au nez et à la barbe de celui qui allait devenir pour les dix années suivantes son grand rival, le Slovaque Michal Martikan.

Quatre ans plus tard, le Français s'impose une nouvelle fois devant le même dauphin au terme d'une finale extrêmement tendue, les juges tardant à officialiser le résultat.

A Pékin, en 2008, tout semblait donc écrit pour que la même pièce se rejoue entre les deux hommes. Mais peut-être un peu déconcentré par ses responsabilités de porte-drapeau, Tony Estanguet craque en demi-finale, un cauchemar pour lui.

Revanchard, le Béarnais s'est juré ce jour-là qu'il reviendrait plus fort à Londres, quatre ans plus tard.

LE CIO EN LIGNE DE MIRE

Mais avant d'obtenir son troisième titre olympique dans le bassin du Lee Valley White Water Centre, Tony Estanguet a dû lutter. Pour décrocher l'unique quota français de qualification en C1, il lui a fallu d'abord battre le champion du monde en titre, Denis Gargaud.

"Tout cela fait partie de mon histoire", disait-il à l'issue de sa performance londonienne, qui a bluffé ses adversaires et le public, tout acquis à sa cause lors de la finale.

"A 22 ans, être champion olympique c'était une formidable histoire. A Athènes, conserver mon titre c'était magique aussi. Même Pékin, c'était important. Je n'ai pas envie de cracher dessus car grâce à ça, j'ai vécu autre chose qu'une victoire.

"Derrière, je me suis reconstruit, j'ai appris à naviguer différemment, j'ai appris à m'ouvrir, à grandir. Donc forcément aujourd'hui, cela représente beaucoup."

A 34 ans, Tony Estanguet avait dit disputer ses derniers JO, estimant qu'aller à Rio en 2016 n'était pas "envisageable".

Mais l'histoire olympique pourrait ne pas s'arrêter là pour celui qui avait porté la candidature malheureuse de Paris 2012 et s'est toujours beaucoup investi dans son sport.

Pendant les Jeux, Tony Estanguet a été élu membre de la commission des athlètes du Comité international olympique (CIO).

"Ce serait génial de rester dans le monde olympique sous un autre statut. De représenter la France au CIO. On a besoin d'être mieux représenté, c'est un projet qui me tient à coeur. C'est le prochain défi qui m'attend. ", avait-il alors déclaré.

Son élection a été suspendue à la suite d'une procédure déclenchée par le Japon. La décision du Tribunal arbitral du sport est attendue début 2013.

Edité par Jean-Paul Couret et Julien Prétot

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