Cannes: fréquentation en hausse de 4% au Marché du Film

le
0
HAUSSE DE LA FRÉQUENTATION DU MARCHÉ DU FILM DU FESTIVAL DE CANNES
HAUSSE DE LA FRÉQUENTATION DU MARCHÉ DU FILM DU FESTIVAL DE CANNES

CANNES (Reuters) - La fréquentation du Marché du Film du Festival de Cannes a légèrement augmenté cette année, portée en particulier par l'affluence de professionnels africains et américains, mais les gros projets se font rares et se limitent aux seuls Etats-Unis.

Le Marché du Film, créé en 1959 et où se rencontrent quotidiennement producteurs, distributeurs, vendeurs et acheteurs du monde entier, faisait état au début de ce 66e Festival de Cannes d'une hausse de 4% de la fréquentation avec "12.000 (participants) attendus d'ici la fin du marché".

Le nombre de films représentés a été de 5.364 contre 4.659 en 2012, soit une hausse de 15% environ, après +9% en 2012. Sur ce total, 3.340 films étaient présentés pour la première fois.

Cette hausse de la fréquentation a été confirmée jeudi par le directeur délégué du Marché du Film.

"Ce qui est à retenir cette année c'est que nos chiffres sont en belle progression, puisqu'on termine avec 11.800 participants, soit une augmentation de 4%", a déclaré Jérôme Paillard à Reuters.

Jérôme Paillard a souligné que la croissance de la fréquentation était surtout le fait de producteurs venus chercher des financements et des projets plus que des vendeurs et des distributeurs dont la participation reste stable.

Le nombre de participants venus d'Afrique a bondi de 29%, avec une forte présence de l'Afrique du Sud, de la Tunisie, de l'Egypte et du Kenya. Les professionnels américains sont également venus plus nombreux. "Les Américains ont progressé de 7% en participation, on avait plus de 2.000 Américains cette année à Cannes", a observé le directeur délégué.

"Cela s'explique en partie par le fait que les producteurs américains doivent de plus en plus trouver des financements à l'étranger", a-t-il ajouté. "Aujourd'hui, les films américains doivent trouver 70% de leurs financements à l'étranger. Pour les films européens, c'est plutôt 20% à 30%".

"NOUVELLE ECONOMIE"

Si le Marché du Film parvient donc à se maintenir, voire à progresser, "il n'y a pas de miracle, pas de remontée fulgurante des prix; on reste dans la nouvelle économie, qui est le résultat de la crise de la distribution qu'on a connue en 2009", a poursuivi Jérôme Paillard.

Il a caractérisé cette crise par un déclin "terrible" de la vidéo, une progression très lente de la vidéo à la demande, un piratage accru et une fréquentation en salles qui, si elle demeure globalement stable, se concentre sur des "blockbusters" au détriment de toutes les autres catégories de films.

La revue Hollywood Reporter écrivait mercredi que l'humeur n'était pas tellement au beau fixe à Cannes, comme la météo, car il y avait moins de projets à gros budget présentés en pré-vente que lors des deux années précédentes.

Un constat partagé par Jérôme Paillard, qui souligne aussi à quel point il est plus que jamais important d'être très connu pour pouvoir se vendre bien.

"On a quelques locomotives qui sont des gros projets, tous quasiment nord-américains", a-t-il dit. "En tout cas, à ma connaissance, il n'y a pas eu cette année de projets français ou européens qui aient vraiment fait un carton", a-t-il ajouté, en insistant sur l'importance de la notoriété des personnes impliquées dans les projets jugés porteurs.

"Ce qui est certain c'est que les projets qui ont cartonné sont vraiment des projets 'star-driven'".

Hollywood Reporter mentionne deux productions de Keanu Reeves - un film de science-fiction et un film d'action - ou encore un western de Natalie Portman plébiscités par les distributeurs.

Les cinéastes américains Martin Scorsese et Tim Burton, l'acteur autrichien Christopher Waltz, membre du jury du Festival cette année et acteur du futur film de Burton, ainsi que le chanteur-acteur Justin Timberlake, qui figure au générique du long métrage des frères Coen en compétition ("Inside Llewyn Davis"), ont tous payé de leur personne cette année au Marché du Film, selon la revue.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Bertrand Boucey

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant