Cannes: France et Etats-Unis en force dans la compétition

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DERNIERS PRÉPARATIFS À CANNES
DERNIERS PRÉPARATIFS À CANNES

PARIS (Reuters) - Le rideau se lèvera mercredi sur un 66e Festival de Cannes qui entend plus que jamais mélanger spectacle - sur ou hors écran - et film d'auteur, avec deux pays qui représenteront à eux seuls la moitié des 20 films engagés dans la compétition.

Lors de la présentation de la sélection officielle en avril, le délégué général Thierry Frémaux avait promis une manifestation remplie de "découvertes, de surprises et de stars". Le cahier des charges cannois semble rempli.

Mais Cannes entend aussi être une "terre d'accueil".

"Le festival est la maison où viennent s'abriter les artistes en danger", avait dit le président Gilles Jacob, qui doit quitter ses fonctions en 2015.

Cannes s'est ainsi battu pour le cinéaste russe Andreï Tarkovski dans les années 1970 ou, plus récemment, pour l'Iranien Jafar Panahi.

Si ce dernier ne peut toujours pas sortir d'Iran, l'un de ses confrères - Asghar Farhadi - est présent cette année dans la compétition avec "Le passé", long métrage tourné en France avec Tahar Rahim ("Un prophète") et Bérénice Béjo ("The Artist").

Son précédent film, "Une séparation", remporta l'Ours d'or à Berlin en 2011 puis, l'année suivante, le Golden Globe, le César et l'Oscar du meilleur film étranger. Il ne manque à Farhadi qu'une Palme d'or.

"Le passé", projeté vendredi, est l'un des événements attendus de la manifestation, face aux armadas française et américaine. Ces dernières sont gages de la présence d'une flopée de stars confirmées ou en devenir sur la Croisette.

DUEL FRANCO-AMÉRICAIN?

La France et les Etats-Unis proposent chacun cinq films, une présence forte qui ne garantit pas la réussite comme l'a prouvé l'édition 2012, qui fut une déroute pour les deux pays.

Dans les rangs américains, Steven Soderbergh, qui envisage de mettre un terme à sa carrière, et les frères Joel et Ethan Coen ont déjà connu la consécration suprême, le premier en 1989 avec "Sexe, mensonges et vidéo" et les seconds deux ans plus tard avec "Barton Fink".

Leurs deux longs métrages qui seront montrés cette année - "Ma vie avec Liberace" pour le premier, avec un Michael Douglas méconnaissable, et "Inside Llewyn Davis" pour les seconds - ont pour point commun une intrigue dans le milieu de la musique.

Un autre vétéran du cinéma américain, Jim Jarmush, les a rejoints en cours de route pour défendre ses chances avec "Only Lovers Left Alive". Souvent en lice, il n'a pu faire mieux jusqu'à présent qu'un Grand Prix en 2005 pour "Broken Flowers".

James Gray ("The Immigrant") a tourné son premier film "Little Odessa" (1994) à 25 ans, marquant déjà les esprits. Mais ses fréquentes apparitions dans la compétition cannoise sont jusqu'à présent restées privées de prix.

James Gray figure également au générique, à titre de scénariste de "Blood Ties", que montrera hors compétition l'acteur Guillaume Canet, passé derrière la caméra pour ce remake des "Liens du Sang", film de Jacques Maillot de 2008, dont il était lui-même l'un des interprètes. Marion Cotillard est à l'affiche à la fois de "Blood Ties" et de "The Immigrant".

Alexander Payne, venu à Cannes en 2002 avec "About Schmidt", complète la sélection américaine avec son road movie "Nebraska".

DEUX NOUVEAUX VENUS

François Ozon ("Jeune et Jolie"), Abdellatif Kechiche ("La vie d'Adèle"), Arnaud Desplechin, ("Jimmy P."), Valeria Bruni-Tedeschi ("Un château en Italie") et Arnaud des Pallières ("Michael Kohlhaas") essayeront de ramener une rare Palme d'or pour le cinéma français, cinq ans après celle d'"Entre les murs", de Laurent Cantet, et 26 ans après "Sous le soleil de Satan", de Maurice Pialat.

De la prostitution via internet ("Jeune et Jolie") à l'adaptation d'un roman de Kleist ("Michael Kohlhaas"), en passant par des souvenirs en partie personnels ("Un château en Italie"), une histoire d'amour lesbienne ("La vie d'Adèle") et la rencontre d'un Indien des plaines (Benicio del Toro) et d'un ethnologue français interprété par Mathieu Amalric ("Jimmy P."), l'offre française a au moins le mérite de la diversité.

Le cinéma asiatique sera représenté par deux cinéastes japonais très dissemblables - Hirokazu Kore-Eda et Takashi Miike - et un réalisateur chinois, Jia Zhang-ke.

Mahamat-Saleh Haroun vient à nouveau représenter le continent africain à lui tout seul avec "Grigris". "L'homme qui crie", son premier film présenté à Cannes en 2010, avait été distingué d'un remarqué Prix du Jury.

Le cinéma italien a répondu présent à l'appel en la personne de Paolo Sorrentino, Prix du Jury en 2008 avec "Il Divo". "La Grande Bellezza" est son cinquième film en compétition.

Roman Polanski ("La Vénus à la fourrure"), figure historique du cinéma tant par sa vie privée qu'artistique, tentera de repartir avec une seconde Palme d'or après celle qui lui fut décernée en 2002 pour "Le pianiste", tandis que le Danois Nicolas Winding Refn refait équipe avec l'acteur canadien Ryan Gosling ("Drive"), Prix de la Mise en scène en 2011, dans "Only God Forgives".

Deux cinéastes font enfin leurs premiers pas dans la compétition, le Mexicain Amat Escalante avec "Heli" et le Néerlandais Alex Van Warmerdam ("Borgman").

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Yves Clarisse

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