Cannes 2016 : « Elle », l'ultime mutation du professeur Verhoeven

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Paul Verhoeven à Cannes, le 20 mai 2016.
Paul Verhoeven à Cannes, le 20 mai 2016.

Avec une évidence souveraine, le maître néerlandais, en compétition, décrit la métamorphose d’une femme violée, incarnée par Isabelle Huppert.

Sélection officielle – en compétition Sans doute l’attendait-on au tournant, tout autant qu’on l’espérait. Près de dix ans après son précédent film pour le cinéma (Black Book), produit aux Pays-Bas et considéré alors comme un retour au giron natal de celui qui avait subverti en profondeur le cinéma hollywoodien, ses blockbusters, ses mondes imaginaires et cauchemardesques, Paul Verhoeven revient. Et il est très en forme. Elle est une production française. Isabelle Huppert en est la vedette. C’est l’adaptation du roman de Philippe Djian, Oh… (Gallimard, Prix Interallié en 2012). Pour qui est persuadé de l’importance du cinéma de l’auteur de Robocop, le projet semble à la fois incongru (premier titre francophone du Néerlandais) et superficiellement évident (un sujet sulfureux, adjectif accolé trop souvent à l’œuvre du cinéaste).

Il serait pourtant insuffisant d’aimer Elle avec le sentiment que le film opérerait une transgression scandaleuse, une inversion morale réjouissante qui épaterait le bourgeois. Les enjeux y sont bien plus complexes que cela. Car le film apporte, avec une évidence presque trop intense, une pierre supplémentaire à l’édifice construit par le cinéaste – édifice s’adaptant insolemment à toutes les économies et toutes les géographies.

De victime à prédateur Elle, c’est Michelle. Femme d’affaires dynamique et volontaire, elle dirige une entreprise de jeux vidéo. Elle incarne, mais de façon un peu tordue, tous les rôles assignés de la féminité : mère d’un...

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