Canibal collecte des gobelets en plastique usagés

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La jeune société loue ses machines à compacter aux entreprises... et revend les déchets à des recycleurs.

Gagner un bon de réduction en jetant son gobelet en plastique dans la bonne poubelle? C'est ce que propose la jeune société Canibal avec sa machine à collecter les cannettes et bouteilles en plastique, mais aussi les gobelets des distributeurs de café et des ­fontaines à eau. «Aujourd'hui, les ­déchets issus de la distriDFbution automatique non revalorisés représentent 200.000 tonnes par an, constate Benoît Paget, l'un des deux dirigeants de Canibal. C'est ce gisement que nous visons.» Après deux ans de recherche, le groupe a mis au point une machine de la taille d'un distributeur de boisson traditionnel, qui collecte, trie et compacte ces trois types de déchets.

La SNCF teste la machine

Après quelques mois de commercialisation, 85 machines, louées 249 euros par mois, ont trouvé preneurs. «Nous visons 250 installations d'ici juin prochain, précise Benoît Paget. Et notre objectif est d'installer 10.000 machines dans les cinq ans.» Viparis, spécialiste de l'organisation de salons et propriétaire de Paris Expo à la Porte de Versailles et du Palais des congrès à Paris, vient d'en installer quatre. «Nous accueillons 9 millions de ­vi­siteurs par an, explique Marina Jestin, directrice général adjointe de ­Viparis. Ils consomment 2 millions de bouteilles ou de cannettes. Les collecter et les recycler représentent un réel enjeu pour nous.» Pour le moment, il s'agit d'un test pour Viparis, comme à la SNCF, qui a commandé une machine pour son siège parisien. BNP Paribas en a déjà quatorze.

Pour ses clients, l'intérêt n'est pas la seule collecte, mais aussi la garantie du recyclage. Canibal vend ses déchets compactés à des spécialistes du genre. «Nous avons notamment passé des accords avec Constellium pour les cannettes aluminium et avec France Plastiques Recyclages pour les bouteilles en PET, afin de créer une vraie filière de recyclage et pas d'incinération», précise Stéphane Marrapodi, l'autre dirigeant de Canibal.

Jusqu'ici, aucune filière n'existait dans le domaine des gobelets en plastique, car ces produits sont difficiles à extraire de la masse des déchets courants. «Notre succès viendra de notre capacité à générer des masses suffisantes de matières à recycler», reconnaît Benoît Paget. Pour y parvenir, Canibal offre des petits cadeaux destinés à motiver les consommateurs à déposer leurs cannettes et gobelets usagés dans sa machine.

Parmi les bonus à gagner: réductions pour l'achat de bouteilles de Vittel, bons d'achat pour le site Showroom privé et pour le fleuriste Au nom de la rose. «Il y a aura un gagnant sur quatre déchets déposés», promet Benoît Saget. Canibal espère ainsi faire progresser le taux de recyclage des cannettes en France, aujourd'hui l'un des plus faibles d'Europe.

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