CAN: Hervé Renard, un Français en finale

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HERVÉ RENARD, UN FRANÇAIS EN FINALE DE LA CAN
HERVÉ RENARD, UN FRANÇAIS EN FINALE DE LA CAN

par André Assier

LYON (Reuters) - Inconnu ou presque en France, Hervé Renard est en passe de frapper un grand coup avec la sélection de Zambie qu'il dirigera dimanche en finale de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) face à la Côte d'Ivoire.

Ce natif d'Aix-les-Bains parti à 15 ans en 1983 faire ses classes à l'AS Cannes a presque du mal à y croire.

"J'ai sorti des poubelles pendant huit ans et là, je suis en finale de la CAN. Le foot, c'est quand même magique, non ?", a-t-il dit à Reuters lors d'un entretien réalisé par téléphone, en faisant référence à son passé de chef d'une entreprise de nettoyage.

Hervé Renard est passé près d'une grande carrière de footballeur. Après avoir fait toutes ses classes en équipe de France de jeunes aux côtés de Marcel Desailly et de Didier Deschamps, deux futurs champions du monde, il n'a toutefois jamais percé au haut niveau.

"J'étais au-dessus chez les jeunes mais dès que je me suis frotté au haut du panier, j'ai vu que je n'avais pas le niveau. J'ai fini comme un honnête joueur de National", constate-t-il sans amertume.

Mais avec lucidité, d'autant qu'il a vite su que sa reconversion se ferait dans le football, en tant qu'entraîneur.

"Mon rêve depuis tout gamin sur les terrains en Savoie, c'était de devenir professionnel, mais cela n'a pas pu se faire. La passion est toujours restée et c'est elle qui m'a poussé à devenir, tout en étant encore joueur, entraîneur à Vallauris, puis à Draguignan", raconte-t-il.

De son parcours est née une petite réputation dans le sud de la France où il a fait accéder à chaque fois ses équipes à l'étage supérieur, en CFA 2 puis en CFA.

"JE CROIS EN MOI DEPUIS LONGTEMPS"

A cette époque, Claude Le Roy le repère et l'emmène avec lui à Shanghai en Chine (2002-2004), à Cambridge en Angleterre (2005), puis à Cherbourg (National, 2006-2007) avant de débuter son parcours africain.

Avec Claude Le Roy, il débarque au Ghana en 2008 avant de prendre une première fois les rênes de la Zambie en 2009-2010. Il écourtera de son propre chef son séjour, juste après la CAN 2010. "Je suis parti parce que je sentais que les promesses n'allaient pas être tenues", dit-il.

Faute d'appels de clubs français, il pose ses valises huit mois en 2011 à l'USM Alger avant que la Zambie ne le rappelle. "Et là, le 15 novembre, lors du premier match face au Nigéria, je me suis dit: 'Où vais-je? C'était une catastrophe'".

Avec son équipe dont les joueurs évoluent, à l'exception de deux, en Afrique du Sud, au Congo ou en Zambie, il renverse depuis des montagnes.

"Oui, c'est vrai que la plupart n'ont pas l'expérience des autres Africains qui peuvent évoluer dans les grands clubs européens à City ou ailleurs. C'est la simple magie du foot."

Sous des airs qui peuvent laisser croire à une certaine arrogance, Hervé Renard, 43 ans, est un travailleur.

"Je veux juste montrer à l'extérieur de la sérénité et une forme de confiance, des ingrédients qu'il faut transmettre aux joueurs, c'est indispensable d'avoir cette carapace-là", explique-t-il.

"Je crois en moi depuis longtemps. Ici en Afrique, on reconnait mes qualités d'entraîneur mais maintenant il y a cette finale à jouer. Et il faut la gagner. N'importe comment, mais il faut la gagner."

Edité par Olivier Guillemain et Gilles Trequesser

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