Camping : « C'est la quête d'un retour aux sources et à la nature »

le , mis à jour à 07:56
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Camping : « C'est la quête d'un retour aux sources et à la nature »
Camping : « C'est la quête d'un retour aux sources et à la nature »

Auteur de plusieurs ouvrages* sur le sujet, le sociologue Olivier Sirost décrypte l'engouement pour le camping de luxe.

 

Pourquoi choisit-on un camping cinq étoiles plutôt qu'un hôtel de luxe ?

OLIVIER SIROST. Il existe un aspect économique évidemment. Mais pas seulement. Le camping est la quête d'un retour aux sources. Le contact avec les gens, par exemple, est plus authentique. En quittant la voiture, on enfile les tongs, le short. Tout le monde est logé à la même enseigne. Il n'y a plus de distinction sociale. La relation avec l'autre en devient plus spontanée.

 

S'agit-il aussi d'un retour à un lien avec la nature ?

Bien sûr. La sensibilité écologique joue. Face à un monde incertain, se mêlent un réflexe de retour à la terre mère et le besoin de se lover dans le nid natal. Le camping fait ainsi vivre une proximité avec la nature qui n'a rien à voir avec les autres lieux de vacances. Les parois fines de l'habitat, y compris dans les cinq-étoiles, laissent passer les odeurs de pins, de barbecue, les bruits des animaux, les rayons du soleil. On retrouve ainsi des sensations basiques, primitives, que l'on a perdues. L'industrie touristique a également su créer des refuges mêlant sentiment de précarité et confort technique. Un peu à l'image de ces cabanes que construisent les enfants avec des draps. On peut y voir de la nostalgie ou le chaînon manquant d'une société qui nous éloigne de nos besoins fondamentaux.

 

L'hébergement insolite répond-il à la même quête ?

Oui, parce que dans le contexte d'une industrie touristique standardisée et vouée au confort, le renouveau de la vie au grand air insiste sur le retour aux sources d'un habitat archaïque. Et dans ces cabanes dans les bois, yourtes ou lodges, on est confronté aux mystères de la nature et de la nature humaine. Il y a en pour tous les goûts.

 

*« Anthropologie des abris de loisirs », G. Raveneau, O. Sirost, Presses ...

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