Cameroun-Melet (Bolloré) pointe la vitesse, récuse la surcharge

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    * 79 morts dans le déraillement de vendredi, selon un 
dernier bilan 
    * Le train est entré en gare deux fois plus vite que la 
normale-pdt Bolloré Africa Railways 
    * Le doublement du convoi conforme à la réglementation-pdt 
 
 (Actualisé avec déclarations supplémentaires, précisions) 
    par Gwénaëlle Barzic et Mathieu Rosemain 
    PARIS, 25 octobre (Reuters) - Une vitesse excessive a joué 
un rôle dans le déraillement d'un train bondé au Cameroun qui a 
fait 79 morts et plus de 400 blessés la semaine dernière, a 
déclaré mardi à Reuters le président de Bolloré Africa Railways. 
    Face aux débuts de polémique sur la taille du convoi, le 
dirigeant de la filiale du groupe Bolloré  BOLL.PA  a confirmé 
que le nombre de wagons avait été doublé pour faire face à un 
afflux de voyageurs mais sans dépasser la capacité d'accueil 
maximum autorisée. 
    Il a revanche indiqué que selon les premiers éléments de 
l'enquête, le train roulait à 80 kilomètres/heure à l'approche 
de la gare, le double de la vitesse normale.  
    Le Cameroun a observé une journée de deuil lundi à la 
mémoire des victimes de l'accident qui a fait 79 morts et 428 
blessés selon un dernier bilan, a précisé Eric Melet, président 
de la filiale de Bolloré concessionnaire de la ligne qui relie 
la capitale Yaoundé à Douala, le principal port du pays. 
  
    Deux enquêtes, interne et judiciaire, sont en cours pour 
identifier l'ensemble des facteurs qui ont conduit à l'accident, 
le plus grave qu'ait connu le groupe Bolloré, qui exploite des 
infrastructures clefs du Cameroun, ferroviaire et portuaires. 
    Le jour de la catastrophe, l'effondrement d'un pont avait 
rendu impraticable la route reliant Yaoundé et Douala, 
conduisant des milliers de personnes à se reporter sur le train 
pour leur déplacement. 
    Avec quelque 1.300 personnes à son bord, l'intercity express 
a déraillé à proximité de la ville d'Eseka, dans le centre du 
pays.   
       
    LA VITESSE POINTÉE DU DOIGT 
    "L'élément de vitesse en approche de la gare est clairement 
un incident qui a dû avoir un lien avec le déraillement. Après, 
il y a beaucoup de paramètres qui peuvent jouer sur une voie de 
chemin de fer (...) qui doivent être analysés précisément avant 
de pouvoir en dire plus", a-t-il dit dans un entretien à Reuters 
par téléphone. 
    La décision a été prise par l'exploitant Camrail, dont 
l'actionnaire principal est Bolloré, et validée par les 
autorités, a indiqué Eric Melet, ajoutant qu'il était fréquent 
d'adapter le nombre de wagons en fonction du trafic voyageurs. 
    "Il y avait une forte demande, donc le train effectivement 
était chargé, mais le train était dans la capacité des wagons 
autorisée", a expliqué le responsable, qui devait rendre visite 
mardi après-midi aux victimes accueillies dans les hôpitaux du 
pays. 
    Des critiques ont par ailleurs commencé à viser la réaction 
face à la tragédie du gouvernement camerounais ainsi que celle 
du président Paul Biya, rentré au pays dimanche après une 
absence de 35 jours. 
    Un train Camrail avait déraillé en 2009 près de Yaoundé, 
faisant cinq morts et plus de 200 blessés. 
    "La situation nous touche tous ici, il y a une mobilisation 
très forte de toutes les équipes de Camrail et du groupe", a 
déclaré Eric Melet. "Nous ferons face aux attaques, aux rumeurs, 
et à toutes les critiques", a-t-il ajouté, soulignant que 
d'importants investissements avaient été déployés sur la ligne. 
 
 (Avec Gilles Guillaume et Bate Felix, édité par Dominique 
Rodriguez) 
 

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