Cameron et Hollande affichent leur mésentente sur l'UE

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CAMERON ET HOLLANDE AFFICHENT LEUR MÉSENTENTE SUR L'UE
CAMERON ET HOLLANDE AFFICHENT LEUR MÉSENTENTE SUR L'UE

par Julien Ponthus

BRIZE NORTON, Royaume-Uni (Reuters) - David Cameron et François Hollande ont affiché vendredi leur mésentente sur l'avenir de l'Union européenne, le président français adressant une fin de non-recevoir à la volonté du Premier ministre britannique de changer rapidement les traités.

Réunis au sommet sur une base militaire près d'Oxford, les deux hommes se sont efforcés de mettre en scène leur complicité sans réussir à masquer leur désaccord de fond sur l'UE.

David Cameron a ainsi réitéré sa volonté de tenir un référendum d'ici à 2017 pour donner le choix aux citoyens britanniques de quitter l'Union si cette dernière refusait de se réformer en renvoyant des compétences aux Etats membres.

"L'Europe change et a besoin de changer", a-t-il dit aux côtés du président français lors d'une conférence de presse.

Le dirigeant conservateur s'efforce depuis son élection d'apaiser un électorat largement eurosceptique et tenté d'apporter ses voix au parti anti-européen UKIP aux élections européennes de mai prochain et aux législatives de 2015.

"Nous voulons voir ces changements, nous voulons voir une renégociation, cette renégociation fera intervenir des éléments de changement au traité et il y aura un référendum en Grande-Bretagne avant la fin 2017", a-t-il expliqué.

Le président français a dit "respecter parfaitement" la démarche de David Cameron mais n'a laissé aucun doute sur le fait que la France s'opposerait à une négociation rapide des traités pour satisfaire l'agenda politique de son hôte.

"On ne peut pas faire peser sur l'Europe le choix britannique", a-t-il estimé.

La France "souhaite que la zone euro puisse être davantage coordonnée, intégrée et s'il y a des modifications de textes, elles ne nous paraissent pas aujourd'hui dans l'ordre de l'urgence", a-t-il dit.

"PAS LA PRIORITÉ"

L'Europe n'est que récemment sortie d'une longue période d'introspection institutionnelle et, dans l'état actuel des sondages de popularité de l'UE, une réforme des traités qui devra être approuvée par 28 parlements nationaux, voire par référendum, est quasiment vouée à l'échec.

François Hollande, partisan du "oui" à la constitution européenne en 2005, est encore traumatisé par la victoire du "non" et la division provoquée par la consultation au PS.

"Pour nous, la révision des traités n'est pas la priorité", a-t-il conclu, tout en exprimant son souhait de voir le Royaume-Uni uni rester dans l'Union européenne.

Aux antipodes sur le dossier européen, les deux hommes avaient pourtant multiplié les amabilités politiques sur leurs politiques économiques respectives.

"J'applaudis les mesures prises par François", a dit le Premier ministre britannique en référence à la baisse de charges que le président français a proposée aux entreprises en échange d'une reprise des embauches.

Le soutien de David Cameron au virage social-démocrate du chef de l'Etat s'ajoute à ceux déjà obtenus de Berlin, d'Amsterdam, de Vienne ou de la Commission européenne.

Les compliments du Premier ministre britannique interviennent dans un contexte de "French bashing" dans la presse britannique, qui juge la France incapable de se réformer.

HARMONIE SUR LA DÉFENSE

François Hollande a aussi tenu à éviter toute confrontation idéologique avec David Cameron, qui s'est fait le champion de baisses draconiennes des dépenses de l'Etat pour sortir son pays de la crise, une option inverse de celle du président français.

"Nous devons avoir les mêmes objectifs", a-t-il estimé, se félicitant de la reprise de la croissance au Royaume-Uni.

Si les deux hommes n'ont pas réussi a cacher leur différend sur l'Europe, ils ont néanmoins pu faire la démonstration que la relation bilatérale franco-britannique reste dynamique.

François Hollande et David Cameron ont signé une série d'accords visant à mettre en oeuvre les programmes d'équipement militaire lancés par le traité de Lancaster House, conclu fin 2010 par Nicolas Sarkozy et le Premier ministre britannique.

Les deux pays continueront ainsi leur coopération pour la nouvelle génération des avions de combat sans pilote, les missiles anti-navires légers ou les mines sous-marines.

Paris et Londres veulent aussi poursuivre la coopération énergétique induite par la construction par EDF d'une centrale nucléaire à Hinkley, dans l'est du Royaume-Uni, un investissement de près de 19 milliards d'euros.

Edité par Yves Clarisse

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  • python75 le vendredi 31 jan 2014 à 18:53

    bye bye... United Kingdom 0 points!

  • python75 le vendredi 31 jan 2014 à 18:52

    @charleco : tout à fait d'accord... Ce n'est pas pour ça que je suis un pro-Hollande!!! Mais en tant que chef d'entreprise exportant des produits dans les pays tiers... sortir de l'€ c'est le casse tête des converstions, des erreurs, des commissions de change, et frais bancaires... L'horreur!!!!

  • charleco le vendredi 31 jan 2014 à 18:20

    Les Anglais peuvent quitter l'Europe, bon débarras. Ils ne jouent pas à armes égales : ils ne sont pas dans l'euro et battent monnaie. La City est l'annexe de Wall-Street. On peut se paser d'eux.

  • adnaj le vendredi 31 jan 2014 à 18:06

    Le "conservateur" est coupable de vouloir changer les traités.Notre apôtre du changement est pour le maintien des traités qu'il s'était engagé...à renégocier ! PANTIN §

  • calippe3 le vendredi 31 jan 2014 à 17:39

    Parce que les Français sont contents de cette Europe je ne crois pas non il suffit d'écouter les gens il y aurait à revoir.....

  • python75 le vendredi 31 jan 2014 à 17:24

    Ma foi... Si le Royaume Uni décide de ne pas faire partie de l'UE... alors... So long stranger!!! Et tant mieux... Les rosbifs m'insupportent!

  • nicog le vendredi 31 jan 2014 à 17:23

    Ah bon, il s'oppose à toute révision des traités sans connaitre le détail des propositions de Cameron ? Vachement progressiste le mec...