Cameron agite la menace des migrants de Calais en cas de "Brexit"

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 (Ajoute déclarations de Cameron) 
    LONDRES, 8 février (Reuters) - Des milliers de migrants 
pourraient arriver au Royaume-Uni via la France si les électeurs 
britanniques décidaient de voter en faveur d'une sortie de 
l'Union européenne, a déclaré lundi le porte-parole de David 
Cameron. 
    Un "Brexit" pourrait remettre en cause les contrôles 
d'immigration que Paris autorise les autorités britanniques à 
effectuer sur son territoire, notamment à Calais, depuis les 
accords du Touquet signés en 2003, a expliqué le porte-parole. 
    Lors d'une conférence de presse, le Premier ministre 
britannique a développé le même argument: "En restant dans une 
Europe réformée, nous savons à quoi nous attendre", a-t-il dit.  
    "Nous savons que les frontières restent à Calais, nous 
savons que nous avons une voix pour déterminer les règles 
concernant l'avenir de l'Europe, nous savons que nous disposons 
d'informations vitales sur les terroristes ou les criminels 
voyageant en Europe parce que nous faisons partie de ces 
organisations", a déclaré David Cameron.  
    Le chef du gouvernement britannique a accusé "de nombreux 
responsables politiques de l'opposition" en France de vouloir 
remettre en cause les accords du Touquet, ce qui ouvrirait les 
portes de la Grande-Bretagne aux milliers de réfugiés qui vivent 
actuellement dans les camps du Calaisis dans l'espoir de 
franchir le Channel. 
    "Je ne veux pas donner à ces gens un prétexte pour le 
faire", a déclaré David Cameron. 
    "Si nous devions quitter l'UE, il n'y a aucune garantie que 
ces contrôles continueraient", a de son côté souligné son 
porte-parole. "S'il n'y a plus ces contrôles, alors nous savons 
qu'il y a des milliers de gens là-bas, qui sont là uniquement 
parce qu'ils veulent venir au Royaume-Uni et qui viendraient au 
Royaume-Uni." 
    "Il n'y aurait plus rien qui les empêcherait de franchir la 
Manche du jour au lendemain", a-t-il conclu. 
    Cette affirmation a fait bondir les partisans du "Brexit", 
qui ont accusé le Premier ministre de lancer une "campagne de 
peur" en vue du référendum qu'il s'est engagé à convoquer, 
peut-être dès le mois de juin, après avoir négocié une réforme 
des relations entre Londres et l'UE.  
    "Le Premier ministre a désormais recours aux déclarations 
alarmistes", a accusé l'homme d'affaires Arron Banks, 
cofondateur de Leave.EU ("Quitter l'UE") et proche du Parti pour 
l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP), dans un communiqué. 
    "L'accord que nous avons conclu pour contrôler les migrants 
à Calais a été passé avec la France, pas avec l'UE. Il n'y a 
aucune raison pour que cela change si nous quittons l'UE", 
a-t-il insisté. 
 
 (Elizabeth Piper; Tangi Salaün et Jean-Stéphane Brosse pour le 
service français) 
 
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