Cameron agite la menace des migrants de Calais contre le "Brexit"

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    LONDRES, 8 février (Reuters) - Des milliers de migrants 
pourraient arriver au Royaume-Uni via la France si les électeurs 
britanniques décidaient de voter en faveur d'une sortie de 
l'Union européenne, a déclaré lundi le porte-parole de David 
Cameron. 
    Un "Brexit" pourrait remettre en cause les contrôles 
d'immigration que Paris autorise les autorités britanniques à 
mener sur son territoire, notamment à Calais, a expliqué le 
porte-parole. 
    Cette prise de position a aussitôt suscité les critiques des 
eurosceptiques qui ont accusé le Premier ministre de lancer une 
"campagne de peur" en vue du référendum qu'il s'est engagé à 
convoquer, peut-être dès cet été, après avoir négocié une 
réforme des relations entre Londres et l'UE. 
    "Nous avons de bonnes relations avec la France en partie 
parce que nous sommes partenaires au sein de l'UE", a déclaré le 
porte-parole de David Cameron. 
    "Si nous devions quitter l'UE, il n'y a aucune garantie que 
ces contrôles continueraient. S'il n'y a plus ces contrôles, 
alors nous savons qu'il y a des milliers de gens là-bas (à 
Calais, NDLR), qui sont là uniquement parce qu'ils veulent venir 
au Royaume-Uni et qui viendraient au Royaume-Uni." 
    "Il n'y aurait plus rien qui les empêcherait de franchir la 
Manche du jour au lendemain", a-t-il conclu. 
    Cette affirmation a fait bondir les partisans du "Brexit", 
comme Arron Banks, cofondateur de Leave.EU ("Quitter l'UE"). 
    "Le Premier ministre a désormais recours aux déclarations 
alarmistes", a accusé l'homme d'affaires, proche du Parti pour 
l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP), dans un communiqué. 
    "L'accord que nous avons conclu pour contrôler les migrants 
à Calais a été passé avec la France, pas avec l'UE. Il n'y a 
aucune raison pour que cela change si nous quittons l'UE", 
a-t-il insisté. 
    Interrogé sur une possible volonté de faire peur aux 
Britanniques, le porte-parole de David Cameron s'est défendu 
d'avoir cette intention, assurant soulever un véritable sujet de 
préoccupation des électeurs qui attendent du Premier ministre 
qu'il place la question de l'immigration au coeur de la 
renégociation des relations entre Londres et Bruxelles. 
     
 
 (Elizabeth Piper; Tangi Salaün pour le service français) 
 )
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