Cambadélis exhorte le PS à l'unité face au spectre de la défaite

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(Actualisé avec éléments supplémentaires, contexte) PARIS, 6 décembre (Reuters) - Sans unité, la défaite électorale de la gauche est garantie, a déclaré samedi Jean-Christophe Cambadélis, en concluant les états généraux du Parti socialiste. Le premier secrétaire du PS a voulu conjurer les "fausses querelles" au sein du parti, très divisé sur la politique économique du gouvernement issu de ses rangs, et il a désigné "deux ennemis: l'hégémonie réactionnaire mais également le thatchérisme de la droite". "Le tripartisme n'est plus seulement un élément de contexte, c'est une contrainte forte", a-t-il dit en faisant référence à l'implantation électorale du Front national. "Sans unité, la défaite de la gauche est garantie. La gauche, si elle se divise, elle dévisse, c'est aujourd'hui 31% d'intentions de vote." Les élections départementales de mars s'annoncent difficiles pour la majorité, tout comme les régionales de décembre 2015, et le congrès socialiste de juin pourrait voir les divergences sur la politique économique paralyser l'action du gouvernement. Face à ces risques électoraux, Jean-Christophe Cambadélis a mis en garde les socialistes : "Un effondrement du PS ne serait pas un moment de recomposition de la gauche mais de sa décomposition et de sa marginalisation". Alors que la loi Macron sur la croissance et l'activité, qui sera présentée mercredi au conseil des ministres, ravive les tensions au sein de la majorité, dont une partie la juge trop libérale, le premier secrétaire a voulu relativiser les divergences sur la politique économique. "Aucun socialiste ne défend la fuite des déficits ou la chute du gouvernement", a-t-il ainsi déclaré. UNE CHARTE "EN DÉPHASAGE AVEC L'ACTUALITÉ" Après trois mois d'états généraux, le PS a adopté une charte rassemblant quelque 1.500 propositions, qui doit servir de "socle commun" avant les prochains combats électoraux. Le texte vise à rassembler des troupes divisées, quitte à être déconnecté de la réalité politique immédiate, jugent des analystes et des personnalités du parti. Selon le politologue Gérard Grunberg, il a pour objectif de "recoller les morceaux à gauche". Ce faisant, il est "explicitement non connecté avec non seulement la politique du gouvernement mais même les problèmes actuels de la France", a-t-il expliqué sur France Info. Pour la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, représentante de l'aile gauche du PS, "c'est un document très abstrait" et en "déphasage avec l'actualité". "On fait l'impasse sur le fait que nous sommes au gouvernement", a-t-elle déploré sur iTÉLÉ, en critiquant les projets de privatisations. "Nous allons nous y opposer de toutes nos forces et dire 'non' à la loi Macron", a-t-elle déclaré. Le projet de loi présenté par le ministre de l'Economie vise à desserrer des règles jugées trop rigides ou pénalisant l'activité dans de nombreux domaines. Il autorise aussi la vente au privé d'une participation publique dans les aéroports de Lyon et de la Côte d'Azur, après celui de Toulouse-Blagnac. Face aux "frondeurs", ces parlementaires socialistes qui demandent une politique moins libérale, Jean-Christophe Cambadélis s'est prononcé pour un soutien critique à l'action du gouvernement. "Il y a des socialistes qui veulent en découdre, moi je veux recoudre. C'est ce qui fera notre différence lors du congrès" du PS en juin, a-t-il dit à des journalistes. (Jean-Baptiste Vey)

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  • janaliz le samedi 6 déc 2014 à 20:39

    Il a parfois de ces éclairs de lucidité ! Lui est lucide mais les autres le trouve abstrait... Ce qui avant 5 ans se conclura par la disparition des derniers dinosors !