Cambadélis attaque Berlin et invite le PS à sortir de sa bulle

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JEAN-CHRISTOPHE CAMBADÉLIS S'EN PREND À BERLIN ET INVITE LE PS À SORTIR DE SA BULLE
JEAN-CHRISTOPHE CAMBADÉLIS S'EN PREND À BERLIN ET INVITE LE PS À SORTIR DE SA BULLE

par Elizabeth Pineau

LA ROCHELLE Charente-Maritime (Reuters) - Le premier secrétaire du Parti socialiste français a fustigé vendredi les "leçons" données par Angela Merkel aux autorités françaises en matière de réformes économiques et invité sa famille politique à "sortir de sa bulle" en s'occupant davantage des problèmes des Français tentés par l'extrême droite.

Dans un discours en prélude à l'université d'été du PS à La Rochelle (Charente-Maritime), Jean-Christophe Cambadélis a lancé une pique à Berlin à la veille du Conseil européen qui sera précédé d'une réunion des sociaux-démocrates conviés par François Hollande à Paris pour renforcer son message.

"Il y a entre Mme Merkel et le SPD une grande différence. Le SPD nous tend la main, Mme Merkel nous fait la leçon", a-t-il lancé en présence du président du Parlement européen, le social-démocrate allemand (SPD) Martin Schulz.

"Nos deux Nations ne peuvent pas avancer ensemble s'il n'y a pas du respect entre elles. Nous sommes une grande Nation qui fait des efforts pour se réformer. Nous ne sommes pas un Land allemand. Et on ne peut pas parler à la France comme on nous a parlé depuis 48 heures", a-t-il ajouté.

Le patron des socialistes français répondait aux propos tenus par la chancelière après le remaniement ministériel qui a notamment vu le départ du ministre de l'Economie Arnaud Montebourg, lui-même très critique envers Berlin et favorable à une réorientation de l'Europe vers moins d'austérité.

"En France, il s'agit de savoir si l'on fait de véritables réformes structurelles", a dit Angela Merkel.

Pour le premier secrétaire du PS, l'emploi du mot 'véritable' "n'est pas supportable".

"VIVE LA GAUCHE"

Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, s'est démarqué de la chancelière en saluant jeudi devant le patronat français du Medef les réformes économiques menées en France.

Il a invité les chefs d'entreprise à les soutenir, tout en conseillant à Paris d'améliorer le fonctionnement de son marché du travail. [ID:nL5N0QY5ZH]

"Peut-être que M. Schäuble corrigeait Mme Merkel", a suggéré Jean-Christophe Cambadélis devant la presse à La Rochelle.

Le débat sur la lutte contre les déficits est à l'origine de la crise politique qui a conduit le Premier ministre Manuel Valls à modifier son gouvernement en début de semaine.

Le soutien à la politique de l'offre engagée par le président François Hollande est source de désacccords au PS, où les récalcitrants rassemblés sous le nom de "frondeurs" font entendre leur voix depuis des mois au Parlement.

Ils se réuniront samedi matin à La Rochelle pour créer un mouvement baptisé "Vive la gauche".

Jean-Christophe Cambadélis a minimisé le pouvoir de nuisance de cette nouvelle branche, invoquant une tradition socialiste.

"Cela fait partie des droits dans le PS, les courants, les sous courants, etc.", a-t-il commenté. "Je leur dis 'participez respectueusement au débat, ne vous fermez pas dans des dogmes'".

A la veille de la rentrée politique de la présidente du Front national Marine Le Pen à Brachay (Haute-Marne), il a invité ses troupes à s'intéresser au quotidien des Français.

"Parfois on surjoue les divergences au PS, il est temps que les socialistes sortent de l'entre-soi, sortent de leur bulle, se tournent vers les Français, vers leurs problèmes".

VALLS NE SE SENT PAS "SOCIAL-LIBERAL"

Une partie du gouvernement Valls II a fait le déplacement à La Rochelle où seront lancés des états généraux qui ne poursuivront jusqu'en décembre. Trois ministres remerciés, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Aurélie Filippetti, sont aussi annoncés dans le port charentais.

Au moment où la politique engagée par le gouvernement tarde à porter ses fruits, le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll a invité les socialistes à "revenir à la sérénité".

Il présidera vendredi soir une réunion de soutien à François Hollande en présence d'un autre proche du président, le ministre des Finances Michel Sapin.

"Il faudrait faire quoi : changer ? Dire 'on va faire autrement ?' Non", a-t-il déclaré devant la presse. "On s'adresse à des militants et à un pays. Donc il faut être capable de fixer des objectifs et de s'y tenir. "

L'université sera conclue dimanche par Manuel Vals, qui, lors d'un aller-retour en Charente-Maritime jeudi, a assuré que "l'enthousiasme des élus rencontrés à La Rochelle et disposés à accompagner les réformes" le faisait "redoubler d'optimisme".

Selon un participant, le Premier ministre a rappelé qu'il se sentait "pleinement socialiste depuis 30 ans" et a repris à son compte les propos de Jean-Christophe Cambédélis affirmant que le 'social-libéralisme' n'était pas dans sa culture.

(Edité par Yves Clarisse)

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  • M3435004 le vendredi 29 aout 2014 à 19:05

    La sottise et la malhonnêteté n'ont pas de limite.

  • jfvl le vendredi 29 aout 2014 à 19:02

    Attention il paraît que çà rend sourd !