Calme relatif au Caire après l'intervention de l'armée

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RETOUR AU CALME AU CAIRE APRÈS L?INTERVENTION DE L?ARMÉE
RETOUR AU CALME AU CAIRE APRÈS L?INTERVENTION DE L?ARMÉE

par Edmund Blair et Marwa Awad

LE CAIRE (Reuters) - L'armée s'est déployée jeudi autour du palais présidentiel au Caire et a exigé le départ des partisans et des adversaires du président égyptien, Mohamed Morsi, après des affrontements qui ont fait cinq morts.

Les supporters du chef de l'Etat, à qui l'opposition reproche de vouloir s'octroyer des pouvoirs exorbitants, ont commencé à évacuer les lieux avant même l'ultimatum de la Garde républicaine, fixé à 15h00 locales (13h00 GMT), mais quelques dizaines d'opposants sont restés sur place.

"Malgré la décision de la Garde républicaine, nous prévoyons d'autres défilés dans la journée, qui partiront probablement de la place Tahrir. Nous avons eu beaucoup de blessés hier (mercredi) soir et nous ne voulons pas que leur sang ait coulé pour rien", a dit un responsable du Front de salut national, qui regroupe les différentes forces d'opposition.

Les violences ont également fait 350 blessés, selon un communiqué du ministère de la Santé.

Au moins cinq chars et neuf véhicules blindés de transport de troupes ainsi que des éléments de la Garde républicaine ont pris position aux abords du palais d'Héliopolis pour séparer sans violence les protagonistes, a dit le chef de la Garde nationale, le général Mohamed Zaki.

"Les forces armées, au premier rang desquelles la Garde républicaine, ne seront pas un instrument de répression des manifestants", a-t-il ajouté.

L'armée, qui a joué un rôle décisif dans la chute du régime Moubarak en février 2011, s'est tenue à l'écart des joutes politiques depuis l'accession à la présidence cet été de Mohamed Morsi, qui est issu des Frères musulmans, et la mise à l'écart du maréchal Hussein Tantaoui, qui dirigeait le Conseil suprême des forces armées (CSFA).

MORSI À LA TÉLÉVISION DANS LA JOURNÉE

Les officiers sur place ont exhorté les deux camps à mettre fin à leur confrontation. En fin de matinée, on n'assistait plus qu'à des échanges d'injures.

Le chef de l'Etat, qui devait s'adresser ce jeudi à la nation après un silence de plusieurs jours, pourrait repousser d'un jour son intervention, a-t-on appris de source présidentielle. Aucune explication n'a été fournie.

Mohamed Morsi s'est par ailleurs entretenu avec le chef des forces armées, le général Abdel Fattah al Sisi, qui est aussi ministre de la Défense. Le Premier ministre et d'autres membres du gouvernement assistaient à la réunion.

Dans un communiqué, Mohamed Badie, le Guide suprême des Frères musulmans, la première force politique en Egypte, a appelé à l'union, estimant que les divisions "ne servent que les ennemis de la nation."

Le président égyptien a regagné mercredi son palais, assiégé depuis la veille par quelque 10.000 opposants à son décret du 22 novembre qui lui accorde des pouvoirs étendus et le met à l'abri de poursuites judiciaires.

Les troubles se sont étendus à d'autres villes, notamment Ismaïlia et Suez, où les locaux du Parti de la liberté et de la justice (PLJ), la branche politique des Frères musulmans, ont été incendiés.

La présidence a en outre été éprouvée par les démissions de sept conseillers de Mohamed Morsi depuis le début des troubles, il y a deux semaines. Le dernier en date, Rafik Habib, un Copte, a démissionné jeudi sans donner les raisons de sa décision.

Avec Reuters TV, Tamim Elyan, Yasmine Saleh et Tom Perry; Jean-Philippe Lefief, Pierre Sérisier et Pascal Liétout pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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