"Calme précaire" dans l'attente d'une hausse des taux US-BRI

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    par Marc Jones 
    LONDRES, 6 décembre (Reuters) - Les marchés financiers 
jouissent d'un "calme précaire" dans l'attente d'une probable 
remontée des taux directeurs aux Etats-Unis, écrit la Banque des 
Règlements internationaux (BRI) dans son rapport trimestriel. 
    La réserve observée en particulier par les marchés émergents 
face à cette éventualité est encourageante, observe la BRI, 
banque centrale des banques centrales, qui anticipe cependant un 
retour de la volatilité. 
    "Le calme règne sur les marchés financiers. Mais c'est un 
calme précaire", dit Claudio Borio, responsable du département 
économique et monétaire de la BRI. 
     Les taux d'intérêt d'une bonne partie de la planète testant 
"les limites de l'impensable jour après jour", il n'est pas 
étonnant que les marchés restent très sensibles aux décisions 
des grandes banques centrales, ajoute Claudio Borio. 
     "Il existe une tension évidente entre le comportement des 
marchés et les conditions économiques sous-jacentes", 
poursuit-il. "Tôt ou tard, il faudra y mettre un terme. Les 
marchés peuvent rester calmes bien plus longtemps qu'on ne le 
pense. Jusqu'à ce qu'ils ne tiennent plus". 
    Le fait que, dans de nombreux pays, les actions des banques 
se traitent encore avec une décote par rapport à leur valeur 
comptable est "un signe clair de méfiance et de scepticisme". 
    "Dans la zone euro, en particulier, les prêts non productifs 
atteignent des niveaux bien trop élevés. L'assainissement des 
bilans doit être vigoureusement poursuivi", observe encore 
Claude Borio. 
    Le rapport analyse aussi les tendances récentes de 
l'investissement, des flux financiers et des émissions de dette. 
Durant l'été, période durant laquelle les marchés frémissaient à 
la moindre statistique défavorable de la Chine, à la chute des 
cours des matières premières et à la flambée du dollar, les 
émissions d'emprunts des marchés émergents n'ont jamais autant 
baissé depuis la fin de la crise financière en 2009.  
    Sur l'ensemble des marchés, les émissions obligataires ont 
chuté de près de 80% par rapport au deuxième trimestre de cette 
année mais comparées aussi au troisième trimestre 2014. 
    Les émissions nettes de banques et établissements financiers 
brésiliens et turcs ont été négatives à hauteur de deux 
milliards et 1,6 milliard de dollars respectivement. Pour les 
établissements financiers chinois, les émissions ont chuté à 300 
millions de dollars contre 10 milliards le trimestre précédent. 
    "La vulnérabilité financière des économies de marché 
émergentes (EME) n'a pas disparu", observe Claudio Borio. "Le 
stock de créances libellées en dollar, qui a environ doublé 
depuis début 2009, dépasse toujours les 3.000 milliards de 
dollars. Sa valeur en monnaie locale a même progressé avec 
l'appréciation du dollar, ce qui pèse sur les conditions 
financières et fragilise les bilans".  
    Le rapport examine également la manière dont de plus en plus 
de pays émettent de la dette libellée en euro pour tirer parti 
des taux ultra-bas nés du programme d'assouplissement 
quantitatif de la Banque centrale européenne (BCE). 
    Les marchés émergents ont émis 62% de tous leurs emprunts en 
euro entre juin et septembre, alors que le pourcentage n'était 
que de 18% sur la période mars-juin. 
    "Ce qui est peut-être nouveau, c'est que l'euro semble 
revêtir à l'heure actuelle les attributs d'une monnaie mondiale 
de financement, au même titre que le dollar", observe, Hyun Song 
Shin, conseiller économique et responsable de la recherch de la 
BRI.  
    "Ainsi, la tendance des prêts bancaires transfrontières en 
euro aux emprunteurs hors zone euro montre bien que la 
dépréciation de l'euro s'accompagne d'une hausse des prêts 
libellés en euro aux emprunteurs hors de la zone euro".   
     
 
 (Wilfrid Exbrayat pour le service français) 
 
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