Calme extrêmement précaire à Bangui, selon l'état-major français

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CALME PRÉCAIRE À BANGUI
CALME PRÉCAIRE À BANGUI

PARIS (Reuters) - Un calme "extrêmement précaire" règne à Bangui, la capitale centrafricaine, avec des points de tensions concentrés autour des sorties Nord de la ville, a déclaré jeudi le porte-parole du chef d'état-major des armées françaises.

Signe de la tension persistante un mois et demi après le début de l'intervention des forces françaises aux côtés des forces africaines, dix personnes ont été tuées dans de nouveaux affrontements à Bangui mercredi, selon des ONG présentes sur place.

"Les pics de violence tels que nous avons pu les connaître aux alentours du 24-25 décembre et dans les premiers jours de janvier ne sont pas des schémas que nous retrouvons aujourd'hui à Bangui, mais cela ne veut pas dire que le calme est rétabli", a déclaré le colonel Gilles Jaron lors d'une conférence de presse.

"Nous assistons toujours à des scènes de pillage, à des atteintes aux personnes sans que pour autant on puisse véritablement trouver une logique très claire dans ces atteintes, sans qu'on puisse toujours distinguer des raisonnements avec les anti-Balaka contre les ex-Séléka et vice et versa", a-t-il ajouté.

"La tension a tendance aujourd'hui à se focaliser sur les sorties Nord de Bangui, à hauteur du PK12", un quartier de la capitale, et "en d'autres points, en cela on peut dire qu'il s'agit d'un calme extrêmement précaire", a-t-il souligné.

UN MUSULMAN TUÉ PAR SANGARIS?

Sur son compte Twitter, Peter Bouckaert, directeur des urgences de Human Rights Watch (HRW), a publié la photo d'un homme transporté à bout de bras et présenté comme étant un "musulman tué par balle par les forces Sangaris".

"La force Sangaris a été prise à partie jeudi matin vers 09h00 à hauteur de PK12 par un groupe d'individus armés", a dit à Reuters le colonel Jaron. "L'armée française a riposté, touchant un des membres du groupe", a-t-il ajouté, indiquant ne pas être en mesure de confirmer la mort de cet homme.

Quelque 1.600 soldats français sont déployés en Centrafrique depuis le 5 décembre dans le cadre de l'opération Sangaris pour tenter de rétablir la sécurité dans ce pays plongé dans le chaos et les violences intercommunautaires depuis le mois de mars.

Les forces africaines de la Misca ont été portées à 5.000, dont 1.300 hors de Bangui. Le contingent rwandais, dont les premiers éléments sont arrivés la semaine dernière, devrait être pleinement opérationnel à la fin du mois de janvier à hauteur de "800-850 hommes", a indiqué le colonel Jaron.

A l'extérieur de Bangui, des incidents se sont produits la semaine dernière lors des missions de reconnaissance effectuées par la force Sangaris et la force Misca sur l'axe Bangui, Bossembélé, Yaloké.

"Lorsque les éléments de la force Sangaris sont sortis de Bangui, nous avons été immédiatement confrontés à des barrages tenus par des ex-Seléka que nous avons immédiatement désarmés", a dit le porte-parole de l'armée française.

Des incidents se sont également produits à Boali, où des anti-Balaka ont été arrêtés et remis à la Misca, à Bossangélé, où des soldats français ont été pris à partie et à Yaloké, où la force Sangaris est confrontée "à des antibalakas qui tentent de prendre pied dans ce village pour se livrer à un certain nombre d'exactions".

Marine Pennetier, édité par Sophie Louet

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