Calais-La justice refuse de fermer des échoppes de la "jungle"

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 (Actualisé avec réaction de la préfecture) 
    LILLE, 12 août (Reuters) - Le tribunal administratif de 
Lille a débouté vendredi la préfecture du Pas-de-Calais, qui 
demandait l'autorisation de fermer 72 lieux de commerce et de 
restauration pour migrants dans la "jungle" de Calais. 
    Le juge a estimé que "les préoccupations exprimées par le 
préfet du Pas-de-Calais tout à fait compréhensibles" mais que 
"les conditions d'urgence et d'utilité requises ne sont pas 
remplies pour faire droit à sa demande". 
    Les commerces et lieux de restauration "constituent des 
lieux de rencontre apaisés" et "ont une autre utilité que 
purement alimentaire", ajoute-t-il dans un communiqué. 
    "Nous avons été entendus mais la préfecture a déjà prononcé 
la fermeture de plusieurs commerces qui sont fermés, nous allons 
maintenant demander que les coiffeurs et épiceries puissent 
fonctionner à nouveau rapidement", s'est réjoui François 
Guennoc, vice-président de l'association "l'Auberge des 
migrants". 
    "Nous demandons un dialogue avec la préfecture pour obtenir 
de meilleures conditions sanitaires et de sécurité", a-t-il 
ajouté. 
    Après la décision du tribunal, la préfecture a déclaré dans 
un communiqué que "les opérations de contrôle administratif et 
judiciaire des lieux de vente à la sauvette (...) (avaient) 
vocation à se poursuivre". 
    Elle a ajouté qu'elle continuerait de lutter contre les 
phénomènes illégaux, "ces commerces ne respectant aucune des 
règles sanitaires en vigueur, présentant des risques importants 
en matière de sécurité incendie et générant des troubles à 
l'ordre public en entretenant une économie souterraine". 
    Le sous-préfet, Vincent Berton, a précisé que la préfecture 
allait se pourvoir en cassation devant le Conseil d'Etat. 
    Depuis début juillet, la préfecture a mené des opérations de 
contrôles sur les commerces dans la "jungle" dans le but de les 
limiter puis a demandé à la justice l'autorisation de les 
détruire. 
    Elle avait estimé à l'audience que ces lieux de commerce 
étaient des "troubles à l'ordre public". 
    Le collectif d'associations humanitaires présentes sur le 
site avait expliqué qu'à l'inverse, l'existence de ces lieux de 
restauration diminuait les interminables files d'attente au 
moment des distributions de repas, qui créaient des moments de 
tensions entre les différentes communautés de migrants. 
    "L'Auberge des migrants" a affirmé vendredi avoir recensé 
9.106 personnes dans le camp, dont 1.500 au Centre d'accueil 
provisoire et 250 au centre Jules Ferry.  
    D'après l'association, il y aurait 865 mineurs dans la 
jungle, en grande majorité non accompagnés d'adultes. "On se 
doutait que le nombre avait nettement augmenté mais là c'est 
plus de 2.000 en un mois", a dit François Guennoc. 
    Les autorités, qui affirmaient jusqu'à présent que les 
migrants étaient 4.500, vont procéder à un nouveau comptage, a 
indiqué la préfecture.  
 
 (Pierre Savary, édité par Gérard Bon et Jean-Baptiste Vey) 
 
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