Calais-La justice pour l'expulsion de 72 échoppes de la "jungle"

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    PARIS, 12 octobre (Reuters) - Le Conseil d'Etat a ordonné 
mercredi l'expulsion de 72 installations de la "jungle" de 
Calais servant de lieux de commerce et de restauration pour les 
migrants de passage, donnant ainsi gain de cause à la préfecture 
du Pas-de-Calais. 
    En août, le tribunal administratif de Lille avait débouté 
les autorités au motif qu'il n'y avait pas urgence. 
    La plus haute juridiction administrative a finalement annulé 
l'ordonnance du juge lillois mais cette péripétie judiciaire ne 
devrait pas avoir de conséquence dans la mesure où le 
gouvernement prévoit de démanteler l'intégralité du campement, 
où vivent environ 10.000 personnes, "dans les meilleurs délais". 
    "Le Conseil d'Etat relève que les occupants de ces 
installations ne disposent d'aucun titre pour occuper 
régulièrement les terrains en cause", note la juridiction dans 
un communiqué. 
    Elle insiste également sur "un risque important d'incendie", 
"les conditions sanitaires dangereuses", et "certains trafics et 
la vente d'instruments pouvant servir d'armes" qui ont, selon 
les juges, alimenté les tensions dans le campement.  
    "Il est enjoint aux occupants des lieux (...) de libérer 
sans délai les parcelles du domaine public qu'ils occupent", 
conclut le Conseil d'Etat dans sa décision, consultée par 
Reuters. 
    Depuis le début du mois de juillet, la préfecture a mené des 
opérations de contrôle sur les commerces dans la "jungle" dans 
le but de les limiter puis a demandé à la justice l'autorisation 
de les détruire.   
    Elle avait estimé devant la juridiction lilloise que ces 
lieux de commerce constituaient des "troubles à l'ordre public". 
    Le collectif d'associations humanitaires présentes sur le 
site avait expliqué, à l'inverse, que ces lieux de restauration 
réduisaient les interminables files d'attente au moment des 
distributions de repas, sources de tensions entre les 
communautés. 
    Aucune date n'a été officiellement confirmée pour le 
démantèlement de la "jungle", mais le 17 octobre a été évoqué, 
notamment par le Défenseur des droits.   
 
 (Simon Carraud, édité par Sophie Louet) 
 
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