Calais-Arrêté d'expulsion de la zone Sud de la "jungle"

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    PARIS, 19 février (Reuters) - La préfecture du Pas-de-Calais 
a pris vendredi un arrêté d'expulsion des migrants de la zone 
Sud du bidonville situé à la sortie de la ville, en dépit de 
l'appel de huit associations demandant au gouvernement de 
reporter son projet.  
    Cet arrêté laisse aux migrants jusqu'au 23 février pour 
quitter les lieux et précise que les forces de l'ordre 
procéderont à partir du 24 février "à une évacuation 
progressive". 
    Pour les associations, le démantèlement de la moitié de la 
"jungle" de Calais ne ferait "qu'ajouter des tensions aux 
tensions, et fragiliserait encore un peu plus" les migrants 
vivant dans le camp de fortune. 
    Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, leur a 
répondu par courrier que cette évacuation devait "être menée à 
bien", mais "de façon progressive et dans le respect des 
personnes". 
    Interrogé à ce sujet sur France Inter, le président François 
Hollande a souligné que l'objectif des pouvoirs publics était de 
"faire en sorte qu'il y ait de moins de personnes qui puissent y 
être. 
    "Nous allons continuer à faire des travaux pour que les 
personnes puissent être accueillies dignement", a-t-il dit.   
    Fabienne Buccio, préfet du Pas-de-Calais, avait annoncé il y 
a une semaine le déplacement d'environ un millier de migrants de 
la zone Sud du campement vers le Centre d'accueil provisoire 
(CAP) de Calais et les Centres d'accueil et d'orientation (CAO) 
en France. 
    Certains migrants ont accepté de rejoindre le camp d'Etat 
mais d'autres sont restés sur place. Pour la préfecture, un 
nombre insuffisant de migrants a quitté la partie Sud destinée à 
être rasée. 
    Les autorités entendent à terme réduire à Calais le nombre 
de migrants à environ 2.000, 1.500 dans un camp aux normes 
humanitaires et 400 dans le centre Jules Ferry d'accueil de nuit 
pour les femmes et les enfants. 
    La préfecture estime que 2.687 migrants ont quitté Calais 
depuis le 27 octobre 2015 pour se rendre dans un Centre 
d'accueil et d'orientation. 
    Environ 4.000 migrants, selon les associations, sont 
aujourd'hui présents, à la fois dans le camp d'Etat, dans celui 
destiné à être rasé et dans le centre d'accueil de nuit pour 
femmes et enfants. 
 
 (Pierre Savary, édité par Sophie Louet) 
 
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