Cadeaux communs : les cagnottes en ligne ont réussi leur pari

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Pour l'instant, l'utilisateur type des cagnottes est une femme, plutôt trentenaire, pour une cagnotte moyenne oscillant entre 400 et 450 euros, un chiffre stable depuis leur lancement. (Marcos Mesa Sam Wordley / shutterstock.com)
Pour l'instant, l'utilisateur type des cagnottes est une femme, plutôt trentenaire, pour une cagnotte moyenne oscillant entre 400 et 450 euros, un chiffre stable depuis leur lancement. (Marcos Mesa Sam Wordley / shutterstock.com)

(AFP) - Les cagnottes en ligne, qui permettent de se cotiser sur le net pour les cadeaux communs, pots de départs et autres week-ends entre amis, connaissent un essor fulgurant en France, au point d'intéresser le monde financier.

Le fonctionnement de la petite dizaine de sites qui proposent ce service est le même: l'utilisateur s'inscrit, crée une cagnotte à laquelle ses contacts peuvent contribuer en entrant leur numéro de carte bancaire, puis récupère l'argent en échange d'une commission.

Certains proposent d'annuler cette commission, qui varie entre 0 et 4% selon les sites, si l'argent est dépensé chez des e-commerçants partenaires.

Mardi, Crédit Mutuel Arkéa a annoncé le rachat du leader du secteur, Leetchi, pour un montant non dévoilé mais estimé à 50 millions d'euros. La banque va injecter 10 millions d'euros pour le développement de la jeune pousse, notamment dans d'autres pays européens.

La présidente Céline Lazorthes, l'une des rares femmes à diriger une fintech (start-up spécialisée dans la finance), reste aux manettes et conserve aux côtés de l'équipe dirigeante 14% du capital.

Elle a lancé le site en 2009, tout juste diplômée d'HEC: "L'idée est née pendant mes études alors que je devais organiser le week-end d'intégration de ma promo. J'ai eu du mal à collecter l'argent auprès de mes camarades et j'ai constaté qu'il n'y avait aucun service pour collecter et gérer de l'argent en ligne. Je me suis dit que c'était l'occasion de le créer", explique-t-elle à l'AFP.

Six ans après, le site, rentable, revendique 4 millions d'utilisateurs, opère en Espagne et en Allemagne, est utilisable depuis 150 pays et a brassé 100 millions d'euros en 2014. Pour 2015, il en vise le double.

- 'Pas de place pour tout le monde' - 

Son principal concurrent français, Lepotcommun, créé en 2011, compte deux millions d'utilisateurs. Rentable également, il a déjà racheté deux de ses concurrents, le pionnier Commonbox et le site Bankeez, et revendique une croissance mensuelle de 30% du nombre d'utilisateurs.

"Le marché est encore en création. Du coup pas mal d'acteurs se sont lancés et on a vu qu'il n'y aurait pas de place pour tout le monde. On a fait le choix de très vite resserrer le marché pour accélérer", explique Thibault Saint-Georges-Chaumet, co-fondateur.

Créé par trois cousins, le site n'a levé que 200.000 euros depuis sa création. Mais "le marché est très dynamique et notre modèle est extrêmement rentable", explique le co-fondateur, qui vise une ouverture dans quatre pays européens d'ici la fin de l'année.

Pour l'instant, l'utilisateur type des cagnottes est une femme, plutôt trentenaire, pour une cagnotte moyenne oscillant entre 400 et 450 euros, un chiffre stable depuis leur lancement.

"2015, l'année où Lepotcommun a dépassé le fisc" en niveau de contributions, ironise Marie, une utilisatrice de 30 ans, qui indique avoir reçu ces derniers mois pratiquement une invitation par semaine à participer à une cagnotte.

Outre la cagnotte, Lepotcommun s'est diversifié dans la billetterie en ligne. Leetchi a ouvert Mangopay, une solution de paiement pour l'économie collaborative et les places de marché, et Leetchicash, une plateforme de transfert d'argent.

C'est notamment cette diversification qui a attiré Crédit Mutuel Arkéa, qui souhaite s'appuyer sur Mangopay pour compléter son offre et remporter davantage d'appels d'offres, explique Ronan Le Moal, le directeur général.

"Les bancassurances ont un rôle à jouer pour accompagner la croissance des belles boîtes françaises dans le numérique", estime-t-il, ajoutant que la banque investit beaucoup dans les "fintechs".

Si la logique est de développer Leetchi, M. Le Moal va aussi étudier d'autres synergies commerciales, avec sa banque en ligne Fortuneo par exemple.

En début de mois, l'assureur Maif annonçait un investissement de 4 millions d'euros dans Payname, qui propose entre autres produits bancaires une cagnotte en ligne, qui se démarque de ses concurrentes par sa gratuité.

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  • M3182284 le jeudi 22 oct 2015 à 23:46

    Le crédit mutuel arkea a payé cher.