CAC40: la malédiction Trump transmutée en miracle boursier !

le
0

(CercleFinance.com) - Le scénario semble plus improbable que celui imaginé par un auteur de science fiction sous psychotropes: le CAC40 affiche +1,5% à 4.543Pts et on assiste à une très inespérée 'clôture au plus haut'.

Même dans leurs rêves les plus fous, les plus 'permabulls' des 'permabulls' n'ont osé imaginer voir Wall Street gagner 0,8% après 2 heures de cotations, tant ils auraient été heureux de voir les indices US en perdre moins de 5%.

Le gain dépasse 0,7% pour le 'S&P' et le Nasdaq, et cela semble tenir du miracle vu les -3,5% affichés en préouverture lors de l'officialisation de la victoire de Donald Trump (et le VIX dévisse de -16%, sous les 15,75).

Qu'est-ce qu'affirme un vieux dicton boursier ? ... que le consensus a souvent tort ?

Voir le CAC40 s'envoler de plus de 65Pts contre -135Pts à l'ouverture (test des 4.345, soit +200Pts en ligne droite) semble le confirmer: le consensus s'est vraiment trompé... à moins qu'il n'ait été délibérément pris à contrepied et qu'il y ait eu une 'volonté' d'empêcher la reproduction d'un scénario boursier de type 'Brexit'.

Car on se demande bien ce que le 'marché' (qui se résume semblerait-il à un seul acheteur + des vendeurs de la 1ère heure en panique) a 'payé'.

La victoire de Donald Trump n'était-elle pas présentée comme le pire cauchemar de Wall Street ?

Trump président, cela allait faire passer les -5% du 'Brexit' pour une simple péripétie !

Son programme économique est jugé au mieux ridicule, au pire dénoncé sans relâche comme une catastrophe pour les USA et ses partenaires (protectionnisme, déficits abyssaux, animosité envers la FED, etc.).

Et voilà que les mêmes repoussoirs séduirait soudain les investisseurs ?

Et si Donald Trump n'applique pas son programme, que fera t'il à la place, en dehors de trahir ses promesses de campagne et se moquer de ses propres électeurs (il aurait alors raconté n'importe quoi pour se faire élire) ?

Alors de nouveau, posons nous la question: qu'est-ce que le marché a 'payé' ?

Et si le marché ne 'paye' rien, alors qui achète -via de puissants 'algorithmes bulldozers' qui écrasent toute opposition- (5,65MdsE échangés à Paris, avec une écrasante majorité de vendeurs durant 8 heures), et avec quel argent ?

Une surprise et un séisme politique 'énormissime' s'est donc transformé en un rallye haussier: l'incertitude absolue à tous les niveaux, au lieu de constituer un abîme de questionnement sans réponses pour les marchés, se transforme miraculeusement en tremplin pour lancer le 'rallye de fin d'année' !

Parti de -3% à l'ouverture (c'était déjà mieux que les -5% redoutés), l'Euro-Stoxx50 effectue une remontée fantastique de +120Pts: il en termine à 3.056 contre 2.938 au plus bas.

Ailleurs en Europe, Londres affiche +1% , Francfort +1,55%, Zurich +2%.

En revanche Milan perdait juste -0,1% et Madrid -0,4%.

Des scores bénins alors que la Bourse de Tokyo avait chuté de près de 5,4% ce matin, victime de la crainte de voir le $ basculer sous les 100/Yen.

La Bourse de Paris avait déjà pris en compte dès l'ouverture le 1er discours rassembleur et apaisant du candidat républicain, lequel manifeste l'intention d'unifier un 'grand pays', de renouer avec le 'rêve américain' et d'apaiser les 'blessures de la division' et de 'travailler avec tous les pays' qui veulent commercer avec les USA.

Donald Trump ressort grand vainqueur de l'élection présidentielle américaine et met une fois de plus en lumière -comme au lendemain du Brexit- la partialité des instituts de sondage, et plus encore de ceux qui les diffusaient... uniquement si Hillary Clinton était donnée gagnante.

La collusion des medias avec l'establishment et Wall Street pourrait constituer une des principales causes de la défaite de celle qui était plébiscité par les '1%'... et qui a même oublié de rendre visite à ses supporters dans le Wisconsin, un état réputé si indéfectiblement démocrate qu'Hillary n'y a même pas mis les pieds tout au long de sa campagne.

D'après les derniers chiffres publiés par AP, Donald Trump aurait remporté plus de 285 grands électeurs, un chiffre largement supérieur au seuil de 270 censé lui ouvrir les portes de la Maison Blanche: c'était exactement le score anticipé... mais pour sa rivale démocrate, qui l'avait appelé des 7H30 afin de le féliciter pour sa victoire sans ambiguïté.

Au-delà de ce discours a priori rassurant, les investisseurs se disent également que l'élection de Trump limite fortement les chances d'une hausse des taux de la Fed en décembre, l'autorité centrale ayant à coeur de ne pas trop déstabiliser l'économie américaine après cette victoire surprise.

D'après le consensus, la probabilité d'un resserrement monétaire le mois prochain est désormais estimée à moins de 50%, contre plus de 80% avant le scrutin.

Dans les faits, le mouvement d'aversion pour le risque constaté ce matin se réduit surtout à une progression de 1% de l'once d'or au-delà de 1.285 et la grosse surprise du jour, c'est la rechute de l'euro face au dollar de 1,130 (au plus fort de la correction en fin de nuit) vers 1,0940, soit une glissade de -0,7%.

Le titre Sanofi grimpe de +5,4% et a servi de précurseur haussier au secteur pharmaceutique US qui doit plutôt se réjouir de la défaite d'Hillary Clinton.

Après une chute initiale de -6%, Vallourec a inversé la vapeur et s'envole de +9% (+15% en ligne droite, malgré des résultats déficitaires... mais 'moins que prévu' ?).

Le CAC40 est également dopé par AXA avec +4,6%, les spécialistes des matériaux de base avec Arcelor (+10%) puis Saint Gobain et Lafarge (+3,5% et +4%) alors que Donald Trump a promis d'énormes dépenses d'infrastructures et un boom du BTP (très créateur d'emplois).

Les bancaires semblent se réjouir de l'envol des taux longs aux Etats Unis, avec un T-Bond qui flirte avec les 2% (1,98% contre 1,87% la veille et 1,79% ce matin): Sté Générale grimpe de +4%, Crédit Agricole de +3,8%.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant