CAC40:gain aussi impressionnnant que prétextes sont fragiles

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(CercleFinance.com) - On a de la peine à croire qu'une seule bordée de statistiques chinoises, à peu près aussi invérifiables que la croissance à +6,9% annoncée officiellement par Pékin, puisse déclencher une vague haussière de +3% sur les places européennes (le CAC40 vient de tester 4.478Pts, soit +210Pts en 24H, d'une seule envolée... et dans des volumes toujours aussi inexistants: 2,2MdsE au bout de 7 heures de cotations, soit moins de 500 millions d'Euro échangés par pourcent gagné).

Non seulement, le marché n'oppose aucun scepticisme aux données chinoises (les exportations rebondissent de +11,5%, après -25 en février) mais choisit en revanche d'ignorer totalement les mauvais chiffres parfaitement fiables concernant la production industrielle en Europe (-0,8%) et le recul de 0,3% des ventes de détail aux Etats Unis (contre +0,1% anticipé).

Qu'Est-ce qui motive ce parti-pris à 150% haussier ?

Même le repli du pétrole de -1,5% vers 41,25$ ne parvient pas à l'entamer !

On assiste par ailleurs à un feu d'artifices d'écarts allant de +5 à +7% sur les valeurs financières à Paris dont personne ne voulait mardi matin et cela va jusqu'à +11% sur BMPS à Milan (l'indice Mibtel gagne +4%).

Le vent d'euphorie provient de cette même zone asiatique qui faisait si peur au FMI la veille (Christine Lagarde invoque 'l'escalade des périls') par la magie d'un 1er indicateur chinois rassurant depuis des semaines.

Hier, le CAC40 était repassé de 4.270 à 4.350 grâce au pétrole qui a repris +5% jusque vers 42$ sur la base d'une rumeur -non sourcée et non recoupée d'accord russo-saoudien- alors que les stocks US ont augmenté de +6,2Mns de baril début avril et que l'OPEP revoit à la baisse la demande mondiale à la baisse.

La encore, le prétexte de la hausse semble mince en regard des données conjoncturelles et techniques 'concrètes' plaidant pour son repli.

Et les chiffres US du jour ne viennent guère étayer les +0,7% du Dow Jones qui profite lui aussi de la flambée des valeurs bancaires.

Les résultats sont mauvais, les chiffres d'affaire en nette baisse... mais comme souvent quand il est question de hausse obstinée des indices boursiers, les commentateurs invoquent le 'moins pire que prévu'.

Les prix à la production US au titre du mois écoulé ont reculé de -0,1% mais progressent de +0,9% hors énergie (inflation 'core') et ventes de détail s'avèrent très décevantes avec -0,3% en mars, suite à une chute inattendue et assez inexpliquée de -2,1% des ventes d'automobiles.

Les stocks des entreprises US reculent de -0,1% en février et il ne reste plus qu'à découvrir les stocks de pétrole début avril.

Sur le front des valeurs, les bancaires flambent : Société Générale (+7,25%) occupe ainsi la tête de l'indice phare, tandis que BNP Paribas (+6%), AXA (+5,3%) et Crédit Agricole (+4,5%) trustent 4 places au sein du top 5 des meilleures performances, Lafarge Holcim s'intercalant avec +6%.

Les opérateurs semblent rassurés par l'annonce par le ministère italien de l'Économie et des Finances de la création d'un fonds de 5MdsE devant faire office de garant des opérations de recapitalisation des banques italiennes en difficulté.

Elles supportent collectivement 360MdsE de créances douteuses: le fonds de soutien représente 1,5% de ce montant... mais les marchés semblent juger ce 'garant' suffisant.

Faisant fi de l'évolution baissière des cours du pétrole, CGG bondit de son côté de 5% tandis que Vallourec (+6,5%) domine le SBF 120 après avoir été retenu pour fournir des tubes sans soudure dits 'OCTG' dans le cadre d'une centrale géothermique profonde en Bavière.

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