CAC40: finit le mois au +haut, étais-ce programmé comme çà?

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(CercleFinance.com) - Et un bon 'arrachage' des cours pour finir le mois de juillet en beauté : le CAC40 (+0,45%) se retrouve propulsé de 4.432 vers 4.440 durant le 'fixing', pour en terminer à un niveau qui n'a jamais été approché en séance et qui semble même totalement inconcevable à la lecture des chiffres du PIB américain au 2ème trimestre 2016 (+1,2% contre +2,6% anticipé, après +0,8% révisé de +1,1% au 1er trimestre).

Après le coup de massue du PIB américain à 14H30, le CAC40 s'était replié à contrecoeur jusque vers 4.410... mais un 'coup d'algo' et c'est reparti de plus belle à la hausse : Paris gagne +1,35% sur la semaine et affiche +5,85% de performance globale sur le mois de juillet, l'un des meilleurs du 21ème siècle.

L'Euro-Stoxx50 qui était redescendu de +0,5% vers +0,2%, bondit in extremis +0,8% vers 2.990 (niveau jamais approché en séance).

Le 'marché' (à acheteur unique, c'est particulièrement vrai au Japon où la BoJ -déjà l'intervenant N°1 à Tokyo- va doubler ses achats d'ETF actions pour devenir encore plus hégémonique) semble ne retenir que la quasi certitude que la FED ne montera pas ses taux en décembre prochain (ce qui provoque la rechute du $ de -0,9%, sous 1,1180, ce qui en plus n'est pas bon pour nos exportatrices et aurait pu plomber le CAC40).

Et sans croissance, comment les entreprises US vont-elles atteindre les objectifs qu'elles avaient commencé à relever mi-juillet, histoire de donner le change au milieu d'une déferlante de résultats uniformément 'meilleurs que prévus', témoins de la systématisation des fausses 'guidance' (fausses indications sur le C.A et les bénéfices) diffusées auprès des non-initiés.

Cela démontre une bonne fois pour toute que les scénarios boursiers sont programmés, les niveaux de clôture prédéterminés, peu importe la teneur de l'actualité, peu importent les statistiques, le contexte géopolitique.

Des séances comme celles de ce vendredi démontrent que le 'marché' ne reflète plus rien d'autre que des contingences de court terme, des arbitrages techniques incompréhensibles pour l'épargnant Lambda.

Ce sont pas moins de 1,3MdsE de transactions qui ont miraculeusement fait leur apparition durant le 'fixing' de clôture à Paris: les volumes ont explosé de +50% à 17H35, passant de 2,65MdsE à 3,9MdsE.

Définitivement, les indices boursiers ne peuvent pas baisser lorsqu'ils sont 'placés sous contrôle', et surtout pas le dernier jour du mois. Aucune statistique, même la plus consternante (comme le PIB US, ou les commandes de biens durables 48H auparavant) ne saurait impacter les cours.

Les marchés -et notamment Wall Street- semblent se féliciter de l'énorme déconvenue d'un PIB américain en progression de +1,2% au 2ème trimestre (sans qu'il ait pâti d'un effet 'Brexit', le vote ayant eu lieu fin juin).

La croissance du 'T1' est également révisée de +1,1% à +0,8% (on en revient à l'estimation initiale) et la productivité est en baisse.

Petite consolation avec le PMI de Chicago qui ne recule que de -1Pt à 55,8 contre 56,8 en juin, l'indice de confiance du Michigan reprend 0,5% par rapport à son estimation initiale mais il perd -3,5Pts sur le mois écoulé, donc ce n'est pas bon non plus.

Il n'aura pas fallu longtemps aux opérateurs pour conclure que Wall Street vient de gagner au moins 6 mois supplémentaires sans hausse de taux.

Au plus tôt, la FED aurait pu agir en décembre, c'est de nouveau repoussé à juin 2017, comme après le 'Brexit' (mais au fait, quelles vont être ses conséquences négatives, le marché a un peu perdu cette question de vue ?).

Comment expliquer une telle contreperformance du PIB quand la consommation qui 'pèse' 70% du PIB est estimée dans le même temps en hausse de +4,2% en rythme annuel ?

Et comment la consommation peut-elle s'envoler 3 fois et demi plus vite que le PIB quand les salaires ne progressent que de +2,5% en rythme annuel ?

C'est un peu comme si dans des essais de F1, un bolide venait de crever à l'arrière et de couler une bielle... mais réalisait à partir de ce moment le meilleurs temps des qualifications: cela paraîtrait un peu 'singulier'.

Ces questions ne semblent pas semer le trouble ni alimenter le soupçon que les chiffres de la consommation sont un peu 'embellis'.

Côté investisseurs, le weekend a commencé à 9H01 ce matin: il semble que la camisole algorithmique ait été appliquée dès l'ouverture, le CAC40 ne sortant pas depuis 8h et demi d'un corridor 4.410/4.430.

Il a peut être été programmé un 'gel' des indices à proximité des plus hauts annuels (Europe) ou historiques pour cette dernière séance du mois, lequel se solde par un époustouflant +7,5% pour le Nasdaq (qui grappille désormais 0,4%, ne lâchant rien après 4 semaines de hausse ininterrompue depuis le 'Brexit')... et le S&P500 (+0,33%) vient d'établir à l'instant un nouveau record absolu à 2.177Pts.

Les marchés 'payent' t'ils par anticipation le résultat des tests de résistance paneuropéens organisés sur les principaux établissements du Vieux Continent, sous l'égide de la BCE qui les supervise ?

En ce qui concerne l'Eurozone, son PIB se retrouve tout simplement divisé par 2 au deuxième trimestre, avec un taux de 0,3% contre +0,6% au T1 selon Eurostat (là encore, les +0,8% de l'Euro-Stoxx50 peuvent intriguer).

Toujours selon l'office statistique de l'Union européenne, le taux de chômage dans l'Eurozone est resté stable en séquentiel à 10,1% le mois dernier, tandis que le taux d'inflation annuel de la région a été mesuré à 0,2% en juillet en estimation rapide.

Au chapitre microéconomique, ADP (-2,8%) a averti sur son résultat net part du groupe en raison de son exposition à la Turquie et à la Tunisie.

Safran lâche pour sa part 5,4% en dépit de comptes semestriels meilleurs qu'attendu et du maintien des prévisions annuelles de l'équipementier aéronautique. Les investisseurs semblent considérer que ces bons résultats reposent trop sur le succès du moteur CFM56, dont les ventes sont appelées à baisser au fur et à mesure de la montée en puissance de son successeur, le LEAP.

Essilor chute de -5,8%, suite à la révision à la baisse de sa marge, du fait de l'impact d'un effet de change négatif.

Du côté des hausses, les bancaires françaises sont bien orientées à l'approche des stress tests européens. BNP Paribas (+3,3%), Société Générale (+2,35%) puis AXA (+2,6%) figurent ainsi dans le top 10 des meilleurs performances de l'indice phare.

Un indice que domine Kering, dont l'action grimpe de 6,2% après l'annonce d'une hausse de 42 millions d'euros du bénéfice net part du groupe en rythme annuel à 465 millions au premier semestre, tandis que le chiffre d'affaires a crû de 3,3% en données publiées et de 5,5% à changes comparables à près de 5,7 milliards d'euros.

EDF (+6,4%) signait pour sa part la plus forte progression du SBF 120 ce matin (+11%) après des résultats supérieurs aux attentes à fin juin et l'annonce du lancement du projet controversé Hinkley Point (Grande-Bretagne).


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  • mlaure13 il y a 4 mois

    Pas d'inquiétude...le "soufflé" va retomber...:-)))