CAC 40 : quelles dépréciations comptables pour 2013 ? 

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CAC 40 : quelles dépréciations comptables pour 2013 ? 
CAC 40 : quelles dépréciations comptables pour 2013 ? 

(lerevenu.com) - Les sociétés cotées vont bien arrêter leurs comptes pour l'exercice qui s'achève. La norme comptable IAS 36 exige de vérifier s'il y a lieu des corriger la valeur des actifs corporels et incorporels, une procédure délicate.

En 2012, la rentabilité des sociétés du CAC 40 avait fortement chuté. Le bénéfice cumulé avait reculé de 28% et la marge opérationnelle était revenue de 9,5 à 8,2%. En cause, le montant impressionnant des dépréciations d'actifs, qui avait atteint 16,8 milliards d'euros. L'essentiel (72%) de cet ajustement comptable de la valeur des fonds propres des grands groupes du CAC 40 portait sur la dépréciation de leurs écarts d'acquisition, notamment ceux figurant au bilan des opérateurs télécom. Il corrigeait des prix d'acquisition très élevés, pour des rachats conclus dans l'euphorie de l'avant-crise (2006 et 2007).

L'écart d'acquisition, ou survaleur (goodwill), correspond au surcoût que l'acquéreur a accepté de payer par rapport au montant des capitaux propres de la société qu'il a rachetée. En outre, la norme comptable IAS 36 oblige les groupes cotés à vérifier, chaque année, que le prix de leurs acquisitions correspond au minimum à leur valeur nette comptable. Grâce aux tests de dépréciation (impairment tests), les sociétés doivent ensuite prendre en compte l'éventuelle perte de valeur de ces actifs et de la provisionner. Les actionnaires ont ainsi une image comptable plus fidèle des actifs de leur société. A quelques jours de la fin de l'exercice, les sociétés ont commencé à procéder à ces tests de dépréciation comptable.

Crise oblige, les dépréciations de goodwills des sociétés du CAC 40 avaient totalisé, l'an dernier, 12,3 milliards d'euros, soit 32,5% de plus que l'exercice précédent (2011), comme l'a rappelé Sonia Bonnet-Bernard, associée du cabinet Ricol Lasteyrie, lors d'une réunion organisée, le 10 décembre, par IMA France (*). Sept groupes avaient représenté 90% de ces ajustements comptables, Crédit Agricole et Arcelor-Mittal, chacun 3 milliards d'euros, devant France Télécom (1,7 milliard), Société Générale (0,8 milliard), Vivendi (0,75 milliard), STMicroelectronics (0,7 milliard) et BNP Paribas (0,5 milliard).

Qu'en sera-t-il en 2013 ? Les tests de dépréciation effectués à mi-juin donnent déjà une idée de la tendance. Le cabinet Ricol Lasteyrie a dénombré dix-huit sociétés du CAC 40 ayant procédé, au premier semestre, à des dépréciations d'actifs incorporels - dont quinze pour le seul goodwill -et corporels, le tout pour un montant total de 1,3 milliard d'euros, un chiffre partiel mais qui semble néanmoins assez éloigné du grand nettoyage comptable de 2012.

Six sociétés ont signalé des pertes de valeur sur des actifs corporels, à mi-exercice : l'arrêt des hauts fourneaux de Florange d'Arcelor-Mittal, la baisse du prix du papier et du niveau de la collecte commerciale et industrielle de Veolia, les effets combinés de plusieurs facteurs (stagnation de la demande d'électricité, essor des énergies renouvelables, concurrence des centrales au charbon, baisse des prix de l'électricité) pour GDF Suez ; adaptations mécaniques de trois modèles de Renault, mise à l'arrêt temporaire, en 2014, d'une centrale d'EDF, arrêt des programmes expérimentaux de la molécule iniparib de Sanofi.

Ces dépréciations d'actifs, même si elles ne sont la contrepartie d'aucun flux de trésorerie, n'en constituent pas moins «un appauvrissement de l'entreprise», comme le font remarquer les auteurs de l'ouvrage de finance d'entreprise Vernimenn : «Il est faux de penser que seules les décisions qui modifient les flux affectent la valeur d'une société». D'ailleurs, la Bourse en tient le plus grand compte, en anticipant bien ces ajustements de la valeur des actifs. A fin juin dernier, treize sociétés du CAC 40 ne se négociaient-elles pas encore au-dessous de la valeur de leurs fonds propres : EDF, Veolia, GDF Suez, Saint-Gobain, Lafarge, Bouygues, Arcelor-Mittal, Renault, BNP-Paribas, Axa, Société Générale, Crédit Agricole et Orange ?

(*) IMA France - Institue of Management Accountants.

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