CAC 40 : des déceptions mais aussi des raisons d'espérer (Ricol Lasteyrie)

le , mis à jour à 11:15
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Les bilans des entreprises du Cac 40 n'ont jamais été aussi solides.
Les bilans des entreprises du Cac 40 n'ont jamais été aussi solides.

Si les entreprises du Cac 40 mettent le frein sur les investissements, jamais elles n’ont présenté des bilans aussi solides et leurs perspectives sont tout fait favorables souligne Sonia Bonnet-Bernard, associée-gérante de Ricol Lasteyrie Corporate Finance.

C’est un tableau contrasté que dresse le 9e Profil Financier du CAC 40 publié par Ricol Lasteyrie Corporate Finance. Si l’analyse des sociétés de l’indice phare de la Bourse de Paris fait apparaître une langueur persistante tant au niveau de l’activité que des investissements, elle souligne néanmoins le potentiel de rebond grâce à la solidité financière retrouvée des entreprises.

Côté négatif pour commencer : les entreprises continuent à évoluer le pied sur le frein. Le montant global de leurs investissements a baissé de 4 % l’an dernier, ce qui porte à 10 % la baisse sur deux ans. Pourquoi une telle frilosité ? Comme l’indiquait récemment le FMI, « l’activité atone est le premier facteur qui freine l’investissement des entreprises ». L’an dernier, elles ont fait face pour la troisième année consécutive à une quasi-stagnation (+0,4 %) de la croissance sur leur marché domestique. Et la situation n’est guère meilleure au niveau continental avec une hausse de l’activité limitée à 0,9 % en zone euro. L’Europe a clairement du mal à surmonter les effets de la grande crise économique de 2008-2009.

Pression continue sur les marges opérationnelles

L’une des conclusions les plus préoccupantes de l’enquête porte d’ailleurs sur la part de la France dans le chiffre d’affaires des plus grandes entreprises. Sur les trente qui publient cette information, 22 indiquent une baisse de l’activité en France en valeur absolue. Pour l’ensemble, la France représente désormais 28,6 % du chiffre d’affaires contre 35,3 % en 2009. Ce qui est de mauvais augure pour les investissements à venir…

Alors certes, le rebond des bénéfices est de l’ordre de 30%, mais il masque une pression continue sur les marges opérationnelles. En effet, cette hausse est due pour une bonne partie au fort recul des dépréciations d’actifs. De plus, le rebond de la marge opérationnelle des entreprises, passée de 6,9 à 7,9 %, tient principalement à l’évolution de quatre groupes – Engie, Renault, Alcatel et Vivendi – dont le résultat opérationnel négatif en 2013 est repassé dans le vert en 2014. Hors ces groupes, la marge opérationnelle du CAC 40 diminue de 9,2 à 8,2 %.

Relatif optimisme des entreprises

Alors quelles sont les raisons d’espérer ? L’une des raisons se situe justement dans la forte baisse des dépréciations passées de 23,6 à 12,8 milliards entre 2013 et 2014. Sur ce montant, la perte de valeur des goodwills (survaleurs) ne représente que 2,9 milliards. C’est la deuxième fois seulement sur les neuf derniers exercices que les dépréciations de goodwills passent sous le seuil des 3 milliards d’euros, ce qui traduit un relatif optimisme des entreprises par rapport à leurs perspectives d’activité ainsi qu’un assainissement de leurs bilans.

Sur ce dernier point, l’évolution est spectaculaire. Jamais les entreprises du CAC 40 n’ont présenté des bilans aussi solides. Cessions d’actifs, baisse de l’investissement, gestion au cordeau… le ratio Endettement net sur fonds propres a touché un plus bas historique à 27 % contre presque le double avant-crise. En clair, les entreprises du CAC 40 ont les moyens de saisir des opportunités si elles se présentent. Or, justement, l’accélération de la croissance annoncée en France et en Europe se perçoit déjà.

Ainsi, au premier trimestre 2015, le chiffre d’affaires du CAC 40 ressort en progression de 4 %. A noter, la baisse de l’euro a eu un impact positif de 4,7 % (sur les 26 sociétés donnant l’indication). Enfin, sur les 34 sociétés qui ont donné une indication, au moins qualitative, sur les perspectives 2015, la tonalité est confiante dans deux-tiers des cas.  

 

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  • alain782 le vendredi 10 juil 2015 à 11:36

    et le non retour de sarko le flambeur!!!

  • lorant21 le vendredi 10 juil 2015 à 11:25

    Pas de confiance, pas de croissance. Il faut attendre le départ de F.Hollande.