C1 - PSG : Rabiot, c'est la Champions League

le , mis à jour à 07:20
0
C1 - PSG : Rabiot, c'est la Champions League
C1 - PSG : Rabiot, c'est la Champions League

Régulateur d’un milieu parisien en souffrance pendant la première demi-heure mercredi contre Bâle (3-0), Adrien Rabiot a définitivement conquis son monde au PSG. Le fruit d’une progression linéaire depuis quatre ans, sur laquelle il est longuement revenu en zone mixte.

« C’est notre meilleur joueur sur ce match ». Le compliment est signé Nasser Al-Khelaïfi, ni plus ni moins. Le président du PSG a rendu mercredi un hommage appuyé à Adrien Rabiot, homme de la victoire de son équipe contre le FC Bâle en Ligue des Champions (3-0). « Il a réussi beaucoup de choses. Il travaille pour l’équipe, il a une grande qualité. Je suis très heureux qu’il ne soit pas parti, a souri Al-Khelaïfi, qui a régulièrement composé avec les états d’âme du garçon depuis cinq ans. Merci à sa famille qui lui a conseillé de rester ici. Adrien croit en notre projet et je crois en lui. » L’inverse serait étonnant, à voir la dimension prise par le natif de Saint-Maurice. Plus la pente s’élève, plus Rabiot donne l’impression de n’avoir aucune limite. Sa prestation cinq étoiles de mercredi a confirmé sa facilité à se mettre à la hauteur des standards requis par la Ligue des Champions. « C’est une compétition où il faut généralement hausser son niveau de jeu, a-t-il commenté en zone mixte. C’est plus facile qu’en championnat, où on rencontre des équipes d’un niveau plus faible et on joue sur nos acquis. » Des acquis, Rabiot en a bien plus que le joueur moyen.

Rabiot : « Sentinelle ? Quand il faut le faire, il n’y a pas de souci »

Il a un potentiel gargantuesque, une marge de progression énorme. Ses 141 matchs chez les professionnels, dont 128 avec le PSG, le feraient presque oublier, mais il n’a que 21 ans. « Ce n’est pas une surprise pour nous, a souligné Marco Verratti. Même s’il est très jeune, il a une grande expérience. » L’international italien en a davantage. Ce qui explique certainement pourquoi Unai Emery l’avait choisi pour évoluer en sentinelle mercredi, en l’absence de Thiago Motta et en attendant que Grzegorz Krychowiak retrouve son niveau. Mais après 25 minutes, l’entraineur du PSG a dû se rendre à l’évidence. Il a interverti Rabiot et Verratti, tant l’Italien était perdu devant la défense et balbutiait son football, fragilisant l’équilibre de toute l’équipe. « Je crois qu’il ne kiffe pas trop jouer à ce poste-là, il préférait être plus haut, a souri le numéro 25 parisien. Le coach m’a demandé de passer devant la défense et ça a permis de rééquilibrer le milieu. » Le principal intéressé n’aimerait pas pour autant ça ne devienne pas une habitude. « Ça ne me dérange pas d’y jouer, mais ce n’est pas mon poste de prédilection, je préfère jouer plus haut. J’avais déjà eu des discussions avec le coach à ce niveau-là, il m’avait dit que je pourrais y évoluer dans le courant de la saison. Quand il faut le faire, il n’y a pas de souci. »

Emery : « Il a la capacité pour devenir un top joueur »

Le hic, c’est qu’être si convaincant dans ce rôle l’expose à y dépanner plus souvent que prévu dans les prochains mois. 94% de passes réussies (85/90), une activité de tous les instants, des courses vers l’avant tranchantes, des décalages lumineux, comme sur les deux premiers buts, et même une belle occasion sur une frappe à l’entrée de la surface qui filait vers la lucarne (28eme) : hormis un avertissement bête pour un geste d’humeur, Rabiot a marché au super. « Il a fait un grand match, c’est un bon joueur et il a la capacité pour devenir un top joueur », a soufflé Unai Emery en conférence de presse. « Il y a encore du travail, mais je pense qu’il a un oeil avisé, lui a rétorqué Rabiot. Il me parle, on échange beaucoup sur ce que je peux faire de plus pour évoluer. Ce sont des petits conseils tactiques, techniques ou de placement. Ils peuvent m’aider au quotidien, aux entraînements. C’est une bonne chose d’avoir une telle relation avec son coach. » Ça n’a pas toujours été le cas avec Blanc, qui n’a pas toujours apprécié les manières du gamin et de sa mère, gestionnaire de ses intérêts.

Rabiot : « De saison en saison, j’ai progressé »

Une raison parmi d’autres pour justifier ses difficultés à franchir un cap pendant de longues saisons. Jusqu’à ce que le sort s’en mêle et lui donne un coup de pouce la saison dernière, sous la forme d’une pubalgie tenace pour Verratti. Rabiot en a profité pour s’imposer dans l’entrejeu, jusqu’à être le meilleur joueur parisien de la double confrontation avec Manchester City en quarts de finale de la Ligue des Champions (2-2, 0-1). « De saison en saison, j’ai progressé depuis que je suis passé professionnel ici. Il y a une vraie évolution, je me sens mieux physiquement. Ça vient aussi avec les matchs, j’en ai joué pas mal en Ligue des Champions. Ça donne de la confiance. » Après avoir réclamé du temps de jeu, parfois maladroitement, dans ses jeunes années, Rabiot n’a plus à multiplier les sorties dans les médias pour exister. Il s’est fait à la concurrence, même s’il la vit mieux avec la confiance de l’entraineur. « Il y a toujours la concurrence. Mais on s’entend bien au milieu, ça fait très longtemps qu’il n’a pas bougé. Quand on enlève un et qu’on en met un autre à la place, c’est le même rendement avec des qualités différentes, une autre façon de jouer pour déstabiliser l’adversaire. »

Verratti : « Rien qu’en le regardant, j’étais fatigué »

Avec son incroyable volume de jeu, Rabiot a ce qu’il faut pour martyriser bien des milieux en Europe. Même ses propres coéquipiers ne peuvent pas toujours suivre. « Il a une facilité dans les courses que je n’avais jamais vue chez un joueur. A la fin, il faisait des sprints et rien qu’en le regardant, moi j’étais fatigué, s’est marré Verratti. C’est une force qu’il a au milieu, comme Blaise. Adrien est très fort techniquement et tactiquement. A l’avenir, ce sera l’un des meilleurs milieux au monde. » La prochaine étape de sa progression, ce sont les Bleus. De semaine en semaine, il devient évident qu’il n’a plus rien à faire chez les Espoirs et qu’il doit monter en grade pour intégrer les A. Peut-être même dès le rassemblement de novembre, quand Didier Deschamps ne pourra plus se cacher derrière les matchs de qualification de la catégorie d’en-dessous, dont l’élimination dans la course à l’Euro 2017 a été scellé début octobre. « Il a déjà été sélectionné en équipe de France et j’espère le voir revenir (parmi les réservistes pour l’Euro 2016, ndlr), a lâché Blaise Matuidi. Après je ne veux pas faire le sélectionneur aujourd’hui, coach Deschamps va me donner des coups de bâton sinon. » Il pourra toujours se cacher derrière Rabiot et ses courses folles pour les éviter.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant