C1 (J2) - PSG : La tentation du retour en arrière

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C1 (J2) - PSG : La tentation du retour en arrière
C1 (J2) - PSG : La tentation du retour en arrière

Le PSG a aligné mercredi contre Ludogorets (1-3) un onze de départ très proche de son équipe-type de la saison dernière, avec notamment le retour du milieu Thiago Motta-Matuidi-Verratti. Une volonté affichée de redonner des repères à un groupe en déficit de confiance.

Le PSG devait faire sa révolution cette saison, mettre derrière lui l’ère Laurent Blanc et changer du tout au tout avec l’arrivée d’Unai Emery sur le banc. Et pourtant, à le voir évoluer mercredi en Bulgarie contre le Ludogorets Razgrad (1-3), il n’est pas tant bouleversé que ça. A Sofia, il ressemblait même à s’y méprendre à sa version de la saison passée, Zlatan Ibrahimovic et David Luiz en moins, Edinson Cavani en pointe et Marquinhos en plus, sans oublier Alphonse Areola dans le but. C’était surtout la première fois depuis la nomination d’Emery que Thiago Motta, Blaise Matuidi et Marco Verratti étaient titularisés ensemble au milieu de terrain. Une forme de retour en arrière, tant le trio a marqué de son empreinte les années Blanc, dont il était l’inamovible socle. Le PSG a mis une bonne demi-heure pour reprendre ses repères dans son 4-3-3, quitte à se déséquilibrer à la perte du ballon et à s’exposer aux attaques rapides des Bulgares. Mais quand le quadruple champion de France en titre a trouvé son rythme de croisière, il a renoué avec ses forces passées.

92 passes échangées entre Thiago Motta et Verratti

Conservation haute, pressing moins systématique, apport des milieux dans la zone de vérité et même efficacité sur coups de pied arrêtés, un secteur dans lequel il était déficient jusqu’alors cette saison, en dehors des penalties : tout y était. S’il n’a pas tenu le ballon dans les proportions dont il avait l’habitude contre un adversaire du calibre de Ludogorets (59% de possession), il a appliqué le style qui était le sien depuis trois ans. Il a redoublé les passes (779 au total, le record du Barça cette saison en Ligue des Champions étant de 852) et fait preuve de patience pour remonter le terrain, quitte à donner le sentiment de ronronner, reproche souvent émis à l’encontre du PSG version Blanc. Thiago Motta et Marco Verratti, qui ont échangé 92 ballons en tout, en sont les symboles. A eux deux, ils en ont touché quasiment 300, avec un taux de passes réussies mirobolant (98% pour le premier, 93% pour le second). Ces chiffres traduisent à la fois leur qualité technique largement au-dessus de la moyenne, surtout dans un tel match, et leur prise de risques minimale dans la phase de construction. Le défaut de leurs qualités.

Emery : « Quand on perd, on nage dans le doute »

Le PSG d’Emery devait échapper à cet écueil, ce qu’il avait montré en préparation et contre Lyon pour le Trophée des Champions (4-1) était même là pour le prouver. Mais le départ poussif en championnat autant que les circonstances (forfait d’Adrien Rabiot, par exemple) ont incité le technicien basque à faire machine arrière, à repartir des fondations établies par son prédécesseur. « On a joué notre football comme on a l'habitude de le faire depuis un certain temps maintenant, avec de la patience, mais aussi quand il le fallait en allant très vite de l'avant et en essayant de les presser à la perte du ballon », a estimé Blaise Matuidi, qui a repoussé l’idée d’un rétropédalage. Sauf qu’Emery lui-même a reconnu à demi-mots qu’il se devait de remettre son équipe dans une zone de confort. « Quand on perd on nage dans le doute, quand on gagne on nage dans la confiance, il faut rééquilibrer les choses. L'important, c'est de maintenir la confiance et le calme. Je connais mieux l'équipe, les joueurs et ça va aller croissant. »

Cavani : « C'est normal qu'on ait besoin de temps »

L’ancien entraîneur du FC Séville le répète à longueur de conférences de presse depuis son arrivée à Paris, son adaptation à l’équipe et la réciproque sont des processus encore en cours. Rome ne s’est pas construite en un jour, ni même en un mois, et il n’y a aucune raison pour que le chantier du PSG ne respecte pas des délais immuables. Le club de la Capitale était tellement habitué à brûler les étapes depuis la prise de pouvoir de QSI que c’en est déstabilisant, mais comme l’a dit Emery mercredi aux journalistes, « le temps est important ». En football peut-être plus qu’ailleurs. « On est une équipe qui a changé beaucoup de choses à l'intérieur, c'est normal qu'on ait besoin de temps pour trouver le chemin, a soufflé Edinson Cavani sur Canal+. L'équipe est très unie et c'est ça qui fait sortir des situations un peu difficiles. » « Le chemin est difficile, l'équipe travaille bien, mais elle a besoin de la confiance, a enchaîné Emery. Mais pour la gagner, ce n'est pas facile. On ne peut pas acheter la confiance au Mercato. » Le PSG devra ainsi se servir d’autres ressorts pour la trouver. Un défi de taille dans une saison de transition. A voir aussi : > L'actualité du PSG > L'actualité de la Ligue des Champions
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