C.Mattel : " Mes émotions, c'est un peu comme les montagnes russes "

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C.Mattel : " Mes émotions, c'est un peu comme les montagnes russes "
C.Mattel : " Mes émotions, c'est un peu comme les montagnes russes "

Coline Mattel, quelques jours après votre médaille de bronze, êtes-vous redescendue sur terre ou planez-vous toujours ?Ça dépend des moments. Par exemple, je suis rentrée chez moi, j'ai discuté avec ma petite s?ur, c'était calme. Et puis - hop ! - quand je sors, je tombe sur quelqu'un qui me félicite à nouveau et c'est reparti. Je réalise ce que j'ai fait. Mes émotions, c'est un peu comme les montagnes russes en ce moment.

Etiez-vous préparé à subir cette secousse ?Je me connais. En général quand je fais un bon résultat, je peux me mettre à pleurer. Alors les JO, que je ne connaissais pas, ça fait bizarre de voir tout ce monde qui te suit... J'étais déjà super contente d'être montée sur le podium mais le fait de voir tout le monde heureux pour moi, dont les Contamines (ndlr : station des Alpes où elle est licenciée), je ne m'y attendais pas du tout. C'était le plus fort.

Quelle était le moment le plus fort des JO ?Je pense que c'est le moment où j'ai eu mon père au téléphone à l'issue de la compétition. J'ai pu entendre tout le monde heureux derrière lui. Et puis, il était ému aux larmes.

Vous êtes quand même un bel exemple de la magie des JO?Oui, certainement. C'était la première fois que notre épreuve était olympique. C'était une sacrée dimension, un truc de fou.

« Ça vaut vraiment le coup de ne pas être sortie au Nouvel An »

Qu'allez-vous faire de votre médaille ?Je pense qu'il va falloir que je la garde avec moi un petit moment pour réaliser et la montrer à un maximum de personnes. A partir du moment où on m'a remis la médaille, j'ai compris que c'était du concret. Quand la personne me l'a mise autour du cou et a dit « j'ai l'honneur de te remettre la première médaille de bronze du saut à skis féminin », c'était fou (elle souffle). Je vais la mettre dans un endroit sûr. Elle est quand même magnifique.

Quelle sensation éprouve-t-on d'être une pionnière de son sport ?C'est un truc incroyable. C'est une longue histoire. Ça fait quinze ans que les femmes se battent pour faire du saut à skis. Même si j'ai pris la chose en route, c'est une fierté d'avoir participé à cet événement et de montrer le niveau des filles au monde entier. Au niveau français, j'espère que ce sera une bonne promotion pour notre sport car il n'est pas sport national (rires). Ça va donner des idées à des petites filles et leur montrer que c'est possible.

Ressentez-vous une nouvelle pression en devenant un exemple ?Je ne sais pas vraiment. Ça peut faire un peu peur mais c'est quand même un sacré plaisir.

Votre entraîneur, Jacques Gaillard, dit de vous que vous êtes une bonne vivante et qu'il a besoin de vous canaliser. Etes-vous d'accord ?C'est vrai. J'aime bien me faire plaisir. J'ai du mal à me fixer des limites. Cette année, pour les JO, j'ai du prendre sur moi. J'en ai bavé. Mais le fait d'avoir la médaille autour du cou, j'en suis encore plus fière. Ce n'est pas sorti de nulle part. En fait, ça vaut vraiment le coup de ne pas être sortie au Nouvel An ou de ne pas avoir mangé du gâteau.

« Il y a de grandes choses à faire »

C'était le moment idéal pour réaliser une performance. Vous imaginez-vous aux JO de 2018 ou 2022 ?Je veux aller chercher autre chose. Je ne m'arrête pas là-dessus. Il y a 2018, 2022, mais aussi les Championnats du monde l'an prochain. Ma discipline est toute neuve, il y a de grandes choses à faire.

Votre discipline va évoluer donc la concurrence également?Le niveau féminin augmente considérablement depuis 2-3 ans. La technique devient presque parfaite, le niveau se densifie. Et puis, il y a des jeunes qui arrivent et qui sautent comme des avions. C'est bien, il faut que ça devienne plus dur.

On vous a senti très sereine dans l'approche de cet événement.J'ai ce petit truc qui fait que j'arrive à me surpasser dans une grande compétition. La pression me fait réaliser des choses que je ne fais pas aux entraînements. A Sotchi, j'avais la boule au ventre mais je savais que je n'allais pas exploser.

Vous avez offert un joli cadeau à Jacques Gaillard, votre entraîneur, pour sa dernière compétition. Lors des JO, il y avait toutes les raisons du monde d'obtenir une médaille. La première du saut à skis, ma première et la dernière de Jacques. Ça fait 6 ans qu'on travaille ensemble. Lui, le coach qui a porté Fabrice Guy et Sylvain Guillaume à Albertville (ndlr : champion et vice-champion olympique en 1992). C'est un merveilleux cadeau.

« Je ne crois pas avoir de regrets »

Quel sera votre futur sans lui ?Les prochains objectifs sont les six dernières épreuves de Coupe du monde. Ça va être important de ne pas se démobiliser. Je vais prendre les choses comme elles viennent. Même si je ne connais pas notre futur entraîneur, je suis plutôt sereine. Je suis à bloc pour les prochaines saisons.

Ne ressentez-vous pas le besoin de couper ?Non. Je ne me sentirai pas bien si je coupe maintenant. J'ai besoin d'un objectif qui me fasse lever tous les matins. L'an dernier, j'avais décroché après les Mondiaux et ce n'était pas plaisant au final. Je suis d'accord pour fêter la médaille avec ma famille et mes soutiens mais je ne veux pas tout lâcher.

Auriez-vous pu remporter la médaille d'or ?En fait, je suis content de ne pas être déçu. Il y avait une opportunité de remporter l'or mais je me dis que ça ne sert à rien de remuer le passé. Je ne crois pas avoir de regrets.

Gérez-vous bien les sollicitations médiatiques ?Oui même si des fois, ce n'est pas facile. Mais bon, si c'est pour dire à quel point je suis heureuse?

 

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