C'était une finale grandiose !

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C'était une finale grandiose !
C'était une finale grandiose !

Grâce notamment à Dan Carter, élu homme du match pour sa dernière sélection, la Nouvelle-Zélande a remporté la Coupe du monde contre l'Australie (34-17) samedi à Twickenham. Les Blacks ont parfaitement maitrisé leur sujet, sauf les dix minutes en infériorité numérique.

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Quelle était l'ambiance ?

Tout était réuni pour assister à un grand spectacle à Twickenham sous un grand soleil. Pour cette finale inédite entre les deux meilleures équipes de la planète, le stade affichait évidemment complet avec 80 125 spectateurs. Beaucoup de supporters des All Blacks affichaient leurs couleurs sur leurs visages alors que certains avaient opté pour des déguisements loufoques pour Halloween. De nombreuses célébrités avaient aussi fait le déplacement dont le Prince Harry, chargé de remettre le trophée à l'issue du match, le Premier Ministre néo-zélandais, Jonah Lomu ou encore Killy Minogue. Un trophée emmené au bord de la pelouse par John Eales, double champion du monde avec les Wallabies (1991 et 1999), et l'actrice japonaise Tao Okamoto dix minutes avant le coup d'envoi. La tension est alors montée d'un cran avant l'arrivée des équipes, le passage de la patrouille d'Angleterre au-dessus de Twickenham et le Kapa o Pango. De quoi redonner le sourire aux spectateurs anglais qui ont entonné rapidement « Swing Low, Sweet Chariot » à la 5eme minute.

L'ambiance a finalement été assez calme en première période malgré quelques « All Blacks, All Blacks » criés par le public. L'explosion de joie interviendra à la 39eme minute sur l'essai de Milner-Skudder. Avec 13 points d'avance à la mi-temps (16-3), les fans néo-zélandais pouvaient être sereins car jamais une équipe n'a rattrapé un tel retard en finale. Mais le plus beau était à venir à la 42eme minute sur l'essai de Ma'a Nonu qui a transpercé toute la défense des Wallabies. Un régal. Le match est alors devenu fou avec cette minute incroyable, à la 49eme, lorsque la mêlée australienne a été humiliée sur 10 mètres avant une interception de Beale puis un carton jaune pour Ben Smith à la 52eme. Dans la foulée, les Australiens ont réduit le score sur un essai de Pocock pour relancer le suspense dans un Twickenham franchement gâté par le spectacle, puis avec l'essai de Kuridriani à la 63eme minute. Tout redevenait possible (21-17) dans cette rencontre de très haut niveau. La fin de match a été haletante jusqu'au drop et la pénalité de Carter. L'essai de Beauden Barrett viendra conclure cette magnifique soirée. Les supporters Blacks n'auront tremblé que durant l'expulsion temporaire de Ben Smith.

Qui a remporté le duel d'ouvreurs ?

Evidemment, on a scruté à la loupe la 112eme et dernière sélection de Dan Carter sous le maillot néo-zélandais. A son meilleur niveau depuis le début de cette Coupe du monde, le futur demi d'ouverture du Racing 92 entendait bien terminer sa fabuleuse carrière sur une victoire, surtout après avoir assisté des tribunes au triomphe de son équipe voilà quatre ans à Auckland. Face au meilleur réalisateur de l'histoire du rugby mondial, l'Australien Bernard Foley, surnommé « the Iceman », se savait lui aussi attendu. C'est Carter qui a ouvert le score sur une première pénalité à la 7eme minute de jeu, récompensant la bonne entame de son équipe. Son homologue australien, lui, a surtout d'abord tenté de donner de l'air aux Wallabies, sevrés de ballons, avant de passer également une pénalité (14eme). Du côté néo-zélandais, on a craint le pire pour Carter à la 20eme minute. Plaqué à retardement par Sekope Kepu, passé tout près du carton, l'ancien Perpignanais est resté au sol en grimaçant. Avant de se relever. Nouvelle faute sur Carter à la 25eme minute, avec un plaquage haut toujours du même Kepu, ce qui permettra au buteur des Blacks de passer trois points de plus. Le sans-faute se poursuivra à la 36eme pour une nouvelle pénalité puis à la 40eme sur la transformation.

Petit événement à la 43eme minute quand Carter a raté la transformation sur l'essai de Nonu. Foley, lui, a passé les transformations sur les essais de Pocok et Kuridriani. Mais il était écrit que Dan Carter serait le héros de cette Coupe du monde, un peu comme Jonny Wilkinson l'avait été en 2003, déjà face aux Wallabies. À onze minutes de la fin, le génial ouvreur a claqué un drop décisif, seulement le huitième de sa carrière internationale, une semaine après en avoir passé un contre les Boks. Suivra enfin une pénalité longue distance. De près de 50 mètres, Carter a ajusté la cible pour sceller le succès de son équipe et couronner une carrière énorme avec les Blacks. Pour l'anecdote, l'homme du match a inscrit une ultime transformation sur l'essai de Barrett.

Quelle troisième ligne a pris le dessus ?

Avec Jerome Kaino, Richie McCaw et Kierand Read d'un côté, Scott Fardy, Michael Hooper et David Pocock de l'autre, ce duel de troisième ligne promettait énormément sur le papier. « On a vu dans le Rugby Championship que si on laissait aux Wallabies des ballons rapides, avec une troisième ligne comme la leur, on pouvait passer une très mauvaise journée », avait prévenu McCaw avant de fêter sa 148eme et probable dernière sélection. La première vraie frayeur pour les Blacks aura été la blessure de Read. Touché à une cheville à la 7eme minute, le numéro 8 a malgré tout voulu rester sur le terrain. Mais en début de match, les Blacks ont d'abord imposé leur loi sur les rucks aux Australiens même si Hooper, notamment sur une percée de Savea, a récupéré plusieurs ballons importants. Hooper a d'ailleurs été encore très bon, notamment à la 19eme minute près de la ligne pour empêcher Kaino de libérer son ballon. Fardy, le moins connu des trois, a lui récupéré un ballon précieux à la 23eme minute.

Comme prévu, le combat a été intense au sol. Les hommes de Michael Cheika sont un temps montés d'un cran dans ce domaine malgré un nombre trop important de plaquages ratés. Cantonnés dans leur camp et privés de Matt Giteau, remplacé par Kurtley Beale dès la 26eme minute, ils ont passé leur temps à défendre, avant de craquer à la 39eme minute. Chez les Blacks, le capitaine Richie McCaw a aussi montré l'exemple dans le jeu, en étant décisif sur cet essai. Du grand art. Mais la réaction est bel et bien venue de Pocock, auteur d'un essai à la 52eme minute suite au carton jaune pris par Ben Smith. Insuffisant malgré tout tant les Blacks sont allés puisés dans leurs réserves pour s'imposer en signant un très gros match. McCaw, particulièrement applaudi après match, et ses partenaires ont parfaitement rempli leur contrat.

Quels ailiers ont brillé ?

Drew Mitchell avait l'occasion d'entrer dans l'histoire. Avant cette finale, l'Australien du RCT comptait quatorze essais en Coupe du monde, soit seulement un de moins que les deux détenteurs du record en la matière, le Néo-Zélandais Jonah Lomu et le Sud-africain Bryan Habana. De l'autre côté, Adam Ashley-Cooper, auteur d'un triplé la semaine passée face aux Argentins, voulait continuer sur le même rythme avant de rejoindre Bordeaux-Bègles face à Julian Savea, huit essais dans cette Coupe du monde, et Nehe Milner-Skudder, nommé parmi les révélations de l'année. Savea a été le premier à s'illustrer mais il a été arrêté par Giteau puis Hooper dans le premier quart d'heure. Milner-Skudder, lui, s'est fait remarquer sur une bonne percée en fin de première mi-temps avant de servir Kaino sur un énorme en-avant pourtant non sifflé par Nigel Owens. Deux minutes plus tard, Milner-Skudder était à la conclusion d'un magnifique temps de jeu et d’un bon travail de McCaw pour le premier essai juste avant la pause. Parfaitement logique tant les hommes de Steve Hansen ont dominé les débats en première période (79% d'occupation, 71% de possession, 293 mètres parcourus et 103 passes contre 36 !).

La seconde période a débuté sur le même rythme, avec les centres néo-zélandais à la manœuvre, Sonny Bill-Williams, entré en jeu à la place de Conrad Smith, pour Nonu. Rares ont été les bons ballons pour les ailiers australiens, si ce n'est une percée de Mitchell à la 48eme minutes, arrêté net au centre du terrain. Deux minutes plus tard, le Toulonnais, un des meilleurs Australiens, a subi un plaquage cathédrale de Ben Smith, qui a écopé d'un carton jaune, débouchant sur l'essai de Pocock. Au final, les ailiers n'ont pas eu énormément de munitions. Et c'est d'ailleurs sur un ballon perdu par Mitchell que les Blacks ont inscrit un ultime essai en contre par à une minute de la fin.

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