C'était l'heure du " petit " Suisse

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C'était l'heure du " petit " Suisse
C'était l'heure du " petit " Suisse

On voit déjà les commentaires malveillants qui vont accompagner ce premier titre du Grand Chelem de Stanisals Wawrinka (28 ans). Vainqueur d'un Rafael Nadal certes diminué à l'entame du deuxième set - il est sorti du court alors qu'il était mené 2-1, break du Suisse - le joueur vaudois n'a pourtant en rien volé son premier trophée dans un Majeur. Largement supérieur au n°1 mondial dans le premier set - remember Tsonga-Nadal en 2008? - « Stanimal », qui avait déjà impressionné contre Djokovic en quarts, s'est appliqué à bombarder le Majorquin pour un début de match stupéfiant et à sens unique. A ce moment là, Nadal n'avait pas mal au dos mais subissait déjà les événements?

Certes, la suite de cette finale à émotions a été forcément perturbée par les problèmes de dos de « Rafa », bel et bien blessé malgré l'incrédulité du public qui l'a d'abord sifflé, doutant de l'authenticité du mal. Mais même sans service ni capacités optimales de déplacement, l'Espagnol, au bord des larmes et de l'abandon, s'est accroché. Et là, c'est le moral de Wawrinka qui a été mis à rude épreuve. Imaginez ! Comment continuer de jouer relâché quand on mène deux sets à rien en finale de sa première finale du Grand Chelem face au n°1 mondial, qui vous a en plus concassé douze fois par le passé en douze affrontements sans vous laisser un seul set ? Equation délicate que le protégé de Magnus Norman a mis une manche à résoudre avant de porter son ultime offensive dans le quatrième set pour décrocher un triomphe amplement mérité.

Le triomphe d'un besogneux

Alors qu'il sera n°3 mondial lundi, Wawrinka (désormais 6 titres, dont 1 Majeur) devient le premier joueur depuis Bruguera il y a vingt ans à écarter le n°1 et le n°2 dans un Grand Chelem. Il est aussi le premier joueur en dehors de Nadal, Djokovic, Federer et Murray à soulever un trophée du Grand Chelem depuis l'US Open 2009 (Del Potro). Longtemps dans l'ombre de son illustre compatriote Roger Federer, souvent raillé dans sa jeunesse, rarement cité comme un possible vainqueur de Grand Chelem, moins talentueux que d'autres mais doté d'un physique de « buffle » (l'un de ses surnoms), « Iron Stan » a bossé, bossé et bossé. Son heure était venue en ce début d'année du côté de Melbourne, il a répondu présent.

Wawrinka : « Je ne sais pas si je rêve »

Malgré la douleur d'une défaite qu'il ne pourra s'empêcher de mettre sur le compte de son mal de dos, Rafael Nadal a chaleureusement félicité son bourreau lors de la remise des trophées. « Stan, tu l'as vraiment mérité, a reconnu l'Espagnol qui aurait pu égaler Pete Sampras et ses 14 Majeurs en cas de victoire. Je suis vraiment content pour toi. Nous avons de bonnes relations. Bravo ! J'essaie d'être là chaque année, j'étais absent l'an dernier. Désolé de finir de cette manière, j'ai fait du mieux que j'ai pu. (S'adressant au public) Merci pour votre soutien (très ému). L'an dernier, c'était un moment très difficile pour moi de ne pas venir, cette année, c'est l'un des moments les plus émouvants de ma carrière. »

Couronné par « Pistol Pete » himself, Wawrinka a d'abord eu un mot gentil pour son adversaire et ami - « Je suis vraiment désolé pour toi. J'espère que ton dos ira mieux. Tu as fait un super comeback l'an dernier. » - avant de savourer son bonheur. Incrédule. « En un an, il s'est passé beaucoup de choses pour moi. Je ne sais pas si je rêve, je verrai ça demain matin (rire). Merci à mon équipe, à Magnus (Norman). Ça fait un an qu'on travaille ensemble. Demi-finale à l'US Open, titre ici, que penses-tu de ça Magnus ? » Nous, on applaudit !

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