C'est déjà Noël dans les stations-service

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INFOGRAPHIES - Les prix des carburants affichent des baisses records. De nombreux automobilistes font en ce moment le plein avec un gazole à moins d'un euro le litre.

C'est un cadeau de Noël bienvenu qui attend les automobilistes français en ce jour de départ en vacances. Ceux qui s'apprêtent à prendre la route (et les autres) vont pouvoir profiter de prix à la pompe qui battent des records à la baisse. Les conducteurs de voitures diesel -carburant le plus vendu avec environ 80% des volumes écoulés dans l'Hexagone- sont les mieux lotis: le litre du gazole vaut moins d'un euro dans de nombreuses régions, du Nord-Pas-de-Calais à la Provence-Alpes-Côte d'Azur, en passant par la Bretagne et l'Alsace, selon les données recueillies par Carbeo ce vendredi.

Depuis un mois, le prix du gazole a perdu 8,5 centimes par litre, soit une baisse de 7,6%. Sur un an, il affiche un recul de 11,5 centimes (-10,1%). Pour l'essence, la baisse est moins marquée mais bien présente. Le Sans Plomb 95 vaut aujourd'hui en moyenne 1,28 euro/litre (-2,3 centimes depuis un mois et -4,8 centimes depuis un an). Et le Sans Plomb 98 est en ce moment à 1,33 euro/litre (-3 centimes depuis un mois et -5,8 centimes depuis un an).

Les automobilistes voient donc la forte baisse des prix du pétrole se matérialiser à la pompe. Le baril de Brent, référence mondiale, a en effet perdu plus de 65% de sa valeur depuis juin 2014, époque où il cotait à plus de 100 dollars. Ce vendredi matin, il poursuivait son repli à 36,97 dollars. Plusieurs éléments expliquent ce nouvel accès de faiblesse. Mercredi, le ministère américain de l'Énergie a fait état d'une forte hausse des stocks hebdomadaires de brut (+4,8 millions de barils). Combinée à une hausse des stocks d'essence et de produits distillés et à une progression des importations et de la production nationale, cette annonce n'a fait que confirmer l'importance des excédents qui plombent le marché depuis un an et demi. Début décembre, l'Opep, menée par l'Arabie Saoudite, a de nouveau choisi de ne pas fermer son robinet malgré cette surabondance d'or noir. Une décision qui a accentué la déprime des marchés, déjà alimentée par la volonté de l'Iran d'augmenter sa production d'un million de barils par jour après la levée prochaine des sanctions internationales.

À cela est venue s'ajouter la hausse du dollar, consécutive à la décision de la Réserve Fédérale américaine de rehausser ses taux. Le renforcement du billet vert renchérit le prix du pétrole, libellé en dollar, pour les investisseurs munis d'autres devises, et plombe la demande.

Vers une hausse des taxes

Nombreux sont les analystes à anticiper une baisse des prix du pétrole jusqu'à 30 dollars. Certains parient même sur un brut à 20 dollars. «En attendant de voir la production commencer à baisser quelque part dans le monde ou l'activité économique repartir de l'avant et gonfler la demande, le marché va rester très bas et s'enliser jusqu'aux niveaux atteints durant la grande récession», prévient Gene McGillian, de chez Tradition Energy.

Pas sûr toutefois que les automobilistes français puissent en profiter longtemps. Dès le 1er janvier 2016, les taxes sur les carburants vont augmenter: +3,5 centimes sur la fiscalité du gazole et +2 centimes sur celle de l'essence. En cause: la forte hausse de la «taxe carbone» et la volonté du gouvernement d'aligner la fiscalité du diesel de celle de l'essence. En 2017, un nouveau relèvement de la taxe carbone est dans les tuyaux. Comme le rappelle l'Union française des industries pétrolières (Ufip), les taxes représentent entre 60 et 65% du prix des carburants à la pompe.

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