Burundi-Un général veut employer la force pour chasser le président

le , mis à jour à 16:00
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DAR ES SALAAM, 6 juillet (Reuters) - Le général burundais Léonard Ngendakumana, qui a appuyé en mai dernier un coup d'Etat avorté à Bujumbura, affirme qu'il est prêt à utiliser la force pour obtenir le départ du président Pierre Nkurunziza. Le chef de l'Etat sortant, restant sourd aux appels de l'opposition et de la communauté internationale, entend toujours se présenter à l'élection présidentielle du 15 juillet afin d'obtenir un troisième mandat. Dans une interview à la chaîne de télévision kényane KTN, enregistrée dimanche, le général Ngendakumana accuse le président de mener le pays à la guerre civile. "La prochaine étape (pour nous), c'est de nous organiser pour résister, pour faire comprendre à Pierre Nkurunziza qu'il doit partir et que nous sommes prêts à utiliser la force pour le faire partir", dit-il, précisant que le meneur du coup d'Etat de mai, le général Godefroid Niyombare, se trouve toujours au Burundi. Le gouvernement, en cherchant à violer la Constitution et l'accord d'Arusha, "veut engager la région dans cette guerre civile, sur des bases ethniques", a-t-il ajouté. L'accord d'Arusha, signé en août 2000 en Tanzanie, a mis fin à plusieurs années de guerre civile au Burundi. Le gouvernement a promis de répondre à toute attaque. "Quiconque menace la sécurité du Burundi, de l'intérieur ou de l'extérieur, aura affaire à nos forces de défense et de sécurité", a dit le porte-parole de la présidence, Gervais Abayeho. Les dirigeants des pays d'Afrique de l'Est et de la République sud-africaine sont réunis ce lundi à Dar es Salaam, en Tanzanie, pour tenter de trouver une issue à la crise burundaise. Les observateurs de l'Onu ont estimé que les élections législatives burundaises du 29 juin, qui étaient boycottées par l'opposition, n'ont pas été libres. Depuis le début de la crise politique au printemps, plus de 125.000 personnes ont fui le pays, ce qui représente un peu plus de 1% de la population, estimée à 10 millions de personnes. (Fumbuka Ng'wanakilala avec Humphrey Malalo à Nairobi, Guy Kerivel pour le service français)

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