Burundi/Putsch-Dix-sept personnes traduites en justice

le , mis à jour à 18:25
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(Actualisé avec 18e homme, et exode de Burundais à l'étranger) BUJUMBURA, 16 mai (Reuters) - Dix-sept personnes impliquées dans la tentative de coup d'Etat de cette semaine contre le président Pierre Nkurunziza ont été traduites samedi devant la justice, ont rapporté des proches des accusés. S'exprimant sous le couvert de l'anonymat par peur de représailles, les proches de deux accusés ont dit à Reuters que les suspects portaient des blessures sur leur corps et que l'un d'eux était devenu sourd d'une oreille après avoir été tabassé dans sa cellule. Un dix-huitième homme, identifié par des témoins comme le général Juvénal Niyungeko, a été escorté un peu plus tard jusqu'au tribunal, pied nu et menotté. Une centaine de manifestants sont descendus par ailleurs dans les rues de Bujumbura, samedi, pour protester contre la décision de Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat, au lendemain de son retour au Burundi après l'échec d'une tentative de coup d'Etat. Le pays est plongé dans une profonde crise politique depuis que Pierre Nkurunziza a annoncé qu'il briguait un troisième mandat de cinq ans, et les affrontements entre policiers et manifestants ont ravivé le douloureux souvenir de la guerre civile qui a pris fin voici dix ans. "Beaucoup de citoyens ne veulent pas que la Constitution soit violée et qu'il (Nkurunziza) soit habilité à exercer un troisième mandat, au mépris de l'accord d'Arusha. Nous allons manifester jusqu'à ce qu'il démissionne", a déclaré un des manifestants. Les opposants affirment que la décision de Nkurunziza viole l'accord d'Arusha qui a mis un point final à la guerre civile entre des groupes rebelles de l'ethnie majoritaire hutue, dont l'un était dirigé par Nkurunziza, et l'armée à l'époque commandée par des hommes de la minorité tutsie. L'armée est désormais ethniquement mixte et a absorbé les factions rebelles, mais la tentative de putsch a mis au jour les divisions qui persistent dans la société burundaise. Le sort du général Godefroid Niyombare, qui avait annoncé la chute du président Nkurunziza mercredi, n'était toujours pas clair samedi. Vendredi, les troupes loyalistes ont ramené le calme dans les rues de la capitale, au lendemain des affrontements de jeudi entre les putschistes et l'armée. Un photographe de Reuters a vu l'armée dégageant les barricades érigées par les manifestants dans certains quartiers de Bujumbura. Des habitants de la capitale ont annoncé qu'ils prévoyaient de manifester en masse lundi. Plus de 105.000 personnes ont d'ores et déjà fui le Burundi en direction de pays voisins, dont le Rwanda, par crainte d'une propagation des violences. (Njuwa Maina et Goran Tomasevic; Eric Faye pour le service français)

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