Burundi-Première apparition publique de Pierre Nkurunziza

le , mis à jour à 19:15
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(Actualisé appel à manifester, réactions § 7-12) BUJUMBURA, 17 mai (Reuters) - Le président du Burundi, Pierre Nkurunziza, a effectué dimanche sa première apparition publique depuis le coup d'Etat manqué fomenté par le chef d'état-major de l'armée cette semaine. Nkurunziza, qui n'était plus apparu dans la capitale Bujumbura depuis le soulèvement des rebelles mercredi, ne s'est pas exprimé sur la crise politique que traverse son pays. Il s'est en revanche déclaré "très préoccupé" par la menace posée par le groupe islamiste somalien Al Chabaab, lié à Al Qaïda. Le Burundi participe à la force régionale d'intervention de l'Union africaine en Somalie aux côtés du Kenya et de l'Ouganda, deux pays pris pour cibles par les djihadistes par le passé. Le Burundi traverse actuellement une crise politique provoquée par la volonté de Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat malgré les dispositions constitutionnelles qui prévoient qu'un chef d'Etat ne peut en accomplir plus de deux. Les opposants à Nkurunziza affirment que sa décision est anticonstitutionnelle et des manifestations presque quotidiennes ont lieu depuis l'annonce faite par le président. Vital Nshimirimana, chef de file d'un groupe réunissant plusieurs associations de défense des droits civiques, a annoncé que les manifestations contre le chef d'Etat, qui s'étaient interrompues au cours des derniers jours, allaient reprendre lundi. "Nous appelons la communauté internationale à suivre de près ce qu'il se passe au Burundi afin d'empêcher de violentes représailles contre les manifestants, les militants de la société civile et les dirigeants de l'opposition", a-t-il déclaré. Les diplomates en poste au Burundi estiment que la poursuite des manifestations accentue le risque de voir se rouvrir les blessures d'anciens conflits etnhiques qui ne se sont jamais refermées tout à fait. Le pape François a appelé dimanche lors d'une prière sur la place Saint-Pierre à un arrêt des violences. Pierre Nkurunziza estime qu'il est en droit de briguer un troisième mandat. Il s'appuie sur une décision de justice qui estime que son premier mandat n'entre pas dans le décompte prévu par la Constitution car il avait alors été élu par le parlement et non par le suffrage populaire. Ses opposants mettent en doute l'impartialité de cette décision de justice. (Edith Honan; Pierre Sérisier pour le service français)

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