Burundi-Poursuite des violences, nouveau sommet africain en vue

le , mis à jour à 19:57
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(actualisé avec évaluations du HCR, 4e §) BUJUMBURA, 26 mai (Reuters) - Les dirigeants d'Afrique de l'Est tiendront dimanche un nouveau sommet consacré à la crise politique au Burundi, où policiers et manifestants continuent de s'affronter dans les rues de la capitale et où l'opposition a décidé de boycotter les pourparlers. Un correspondant de Reuters dit avoir vu les policiers ouvrir le feu en direction de manifestants et des tirs ont été entendus mardi matin dans plusieurs quartiers de Bujumbura, où nombre de routes étaient bloquées et où certaines entreprises ont fermé leurs portes, après un mois de manifestations contre la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat. Certains éléments de l'armée ont tenté de prendre le pouvoir le 13 mai alors que Pierre Nkurunziza se trouvait en Tanzanie pour un sommet de la Communauté d'Afrique de l'Est censé trouver une solution à la crise burundaise. Le putsch a échoué mais les manifestations ont repris. Selon l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, 72.618 personnes ont fui le Burundi au cours des dernières semaines pour trouver refuge dans les pays voisins, une évaluation très inférieure aux 110.000 estimés ces derniers temps. La Communauté d'Afrique de l'Est a déclaré lundi soir qu'un nouveau sommet aurait lieu dimanche, précédé samedi d'une réunion ministérielle. La présidence burundaise a dit ignorer pour le moment si Nkurunziza se rendrait en personne à ce nouveau sommet, à Dar es Salaam. "Il est trop tôt pour savoir. Mais le Burundi sera représenté, c'est sûr et certain", a déclaré Gervais Abayeho, porte-parole de la présidence. COOPERATION SECURITAIRE SUSPENDUE Selon des ONG de défense des droits de l'homme, au moins 20 personnes ont été tuées depuis le début des troubles, le 26 avril, entre la police et des manifestants pour qui la candidature de Nkurunziza à un troisième mandat viole la Constitution. Les partisans du chef de l'Etat font valoir qu'un arrêt de la Cour constitutionnelle autorise Pierre Nkurunziza à se représenter. L'opposition a décidé, après l'assassinat samedi à Bujumbura d'un de ses dirigeants, Zedi Feruzi, chef du parti UPD (Union pour la paix et la démocratie), de boycotter les négociations avec le gouvernement, placées sous l'égide des Nations unies. La présidence burundaise a confirmé mardi que Pierre Nkurunziza avait signé le 21 mai un décret prévoyant que les élections seraient financées en augmentant le déficit budgétaire et en réduisant le budget de l'Education, de la Santé et de sept autres ministères. Quarante-quatre milliards de francs CFA (28 millions de dollars) doivent être trouvés pour financer les élections, selon la présidence. Le déficit budgétaire sera creusé de 28 milliards de francs CFA, le reste provenant des économies que réaliseront différents ministères. L'élection présidentielle est fixée au 26 juin. Quant aux législatives, initialement prévues le 26 mai, elles ont été reportées au 5 juin. A Paris, on déclarait mardi de source diplomatique que la France avait suspendu sa coopération sécuritaire avec le Burundi. "La coopération en matière militaire et de police est suspendue depuis le début de la crise", a déclaré cette source, sous le couvert de l'anonymat. (Clement Manirabarusha et Goran Tomsevic; Eric Faye et Nicolas Delame pour le service français)

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