Burundi-Les affrontements à Bujumbura ont fait près de 90 morts

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 (Actualisé, réaction belge, §§ 5-7) 
    BUJUMBURA, 12 décembre (Reuters) - Les affrontements de 
vendredi à Bujumbura, la capitale du Burundi, ont fait près de 
90 morts, dont quatre soldats et quatre policiers, a déclaré le 
porte-parole de l'armée. 
    Selon Gaspard Baratuza, 79 assaillants ont été tués et 45 
autres capturés vendredi lors de l'attaque de trois sites 
militaires, qui a provoqué à travers la ville les violences les 
plus graves depuis la tentative de coup d'Etat de mai dernier. 
    "Les opérations de nettoyage ont pris fin à l'heure qu'il 
est", avait annoncé samedi le porte-parole, en ajoutant qu'une 
centaine d'armes avaient été saisies. 
    Des hommes qui avaient attaqué le camp militaire de Ngagara 
ont dû battre en retraite et ont été poursuivis par les forces 
de sécurité qui leur ont infligé "des pertes considérables", a 
poursuivi Gaspard Baratuza. 
    La Belgique, ancienne puissance coloniale, a condamné 
dimanche les violences et demandé une enquête. 
    Le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders a 
annoncé qu'il parlerait du Burundi lors d'une réunion lundi avec 
ses collègues de l'Union européenne et a souhaité une initiative 
du Conseil de sécurité de l'Onu et du Conseil paix et sécurité 
de l'Union africaine. 
    Vendredi à New York, le Conseil de sécurité des Nations 
unies a été informé de la situation au Burundi. L'ambassadrice 
américaine Samantha Power, qui assure la présidence tournante du 
Conseil, a déclaré que les 15 pays membres étaient prêts à 
envisager des "mesures supplémentaires". 
    De nombreux corps ont été retrouvés samedi dans les rues de 
la capitale burundaise. 
     
    "LES MAINS LIÉES DERRIÈRE LE DOS" 
    Selon des habitants, plusieurs personnes ont été abattues 
par les forces de sécurité à la suite de perquisitions dans 
certains quartiers de la ville, une accusation que la police a 
rejetée. 
    Des photos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des 
cadavres les mains liées derrière le dos. 
    "Ils sont entrés chez nous, ils ont rassemblé tous les 
jeunes et les gens d'âge moyen et puis ils les ont emmenés", a 
raconté un habitant du quartier de Nyakabiga. 
    Le porte-parole de la police, Pierre Nkurikiye, a affirmé 
qu'il n'y avait pas eu de "victimes collatérales" durant les 
affrontements de vendredi. 
    La compagnie aérienne Kenya Airways  KQNA.NR , qui avait 
annulé ses vols vers le Burundi vendredi, a annoncé que ceux-ci 
reprendraient dimanche. 
    Le Burundi est en proie à des violences qui ont fait des 
centaines de morts et des dizaines de milliers de déplacés 
depuis que le président Pierre Nkurunziza a décidé en avril de 
briguer un troisième mandat, qu'il a remporté cet été, ignorant 
les protestations de l'opposition qui jugeait cette initiative 
contraire à la Constitution. 
    Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a 
estimé il y a dix jours que le Burundi était au bord d'une 
guerre aux "effets potentiellement désastreux pour une région 
déjà fragile". 
    Pierre Nkurunziza est un ancien chef rebelle hutu qui avait 
affronté la minorité tutsie au pouvoir pendant la guerre civile 
de 1993 à 2005. Les clivages ethniques sont les mêmes qu'au 
Rwanda voisin, théâtre d'un génocide en 1994. 
    Depuis le printemps, plus de 220.000 personnes ont fui le 
Burundi pour se réfugier au Rwanda, en Tanzanie, en Ouganda et 
en République démocratique du Congo. 
 
 (Drazen Jorgic; Eric Faye et Guy Kerivel pour le service 
français) 
 
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