Burkina-Les médiateurs disent avoir négocié un projet d'accord

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(Actualisé avec détails) par Mathieu Bonkoungou et Joe Penney OUAGADOUGOU, 20 septembre (Reuters) - Les médiateurs régionaux, qui interviennent au Burkina Faso après le coup d'Etat militaire commis cette semaine, ont annoncé dimanche soir qu'un projet d'accord avait été négocié pour mettre fin à la crise politique. Le président sénégalais Macky Sall, dont le pays assure actuellement la présidence tournante de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), a indiqué devant la presse qu'il soumettrait cette proposition lors d'un sommet des chefs d'Etat mardi au Nigeria. Pour l'instant, les médiateurs ne sont pas parvenus à imposer l'idée d'un retour à un régime dirigé par des civils. Il n'est pas certain que cette proposition, qui n'a pas encore été signée, soit acceptée par les putschistes, qui avaient mis en détention le président de transition, le Premier ministre et deux ministres, ou par leurs adversaires politiques. Le couvre-feu décrété par la junte demeurait en vigueur dimanche. Le coup d'Etat, qui a conduit à la prise du pouvoir par le chef de la garde présidentielle, s'est produit moins d'un mois avant les élections législatives et présidentielle qui devaient mettre fin à la période de transition après la chute de l'ancien président Blaise Compaoré. Ce dernier avait été contraint de quitter le pouvoir par des manifestations de rue dénonçant sa tentative de modifier la Constitution pour se maintenir à la tête de l'Etat. Suivant les nouvelles propositions avancées par Mackey Sall, les élections seront reportées au plus tard au 22 novembre. MISE EN GARDE DE LA FRANCE En échange du retour d'une autorité civile de transition, le général Gilbert Diendéré, ancien bras droit de Compaoré et actuel chef d'un conseil national mis en place par les putschistes, bénéficiera d'une amnistie pour les actes commis lors du coup d'Etat. Le président Michel Kafando, qui assurait la transition, sera rétabli dans ses fonctions. Les propositions prévoient également la possibilité pour les proches de Compaoré de pouvoir se présenter aux élections, un droit qui leur avait été refusé par une loi adoptée à la demande des autorités de transition. L'exclusion de ces candidats appartenant à l'ancien régime de Blaise Compaoré, resté 27 ans au pouvoir, avait provoqué l'inquiétude de la garde présidentielle de se voir dissoute, un scénario qui l'avait incité à passer à l'action. Dans une proposition qu'il a présentée samedi soir, Gilbert Diendéré se pose lui-même en candidat pour assurer la direction de la transition au Burkina Faso. De nombreux membres de l'opposition et de la société civile présents lors des différentes étapes de la médiation de la Cédéao sont apparus peu enclins à soutenir les propositions. "C'est un projet. C'est tout ce que c'est", a simplement commenté Bénéwendé Sankara, membre de l'opposition. En visite au Maroc, François Hollande a dit soutenir les efforts de médiation actuellement entrepris et a mis en garde ceux qui voudraient s'y opposer. ( ID:nL5N11Q0NO ) "Nous soutenons entièrement le dialogue qui a été engagé par plusieurs chefs d'Etat africains avec ceux qui ont, en toute illégalité, commis un acte de force, pour revenir au processus de transition", a dit le président français lors d'une conférence de presse à l'occasion d'une visite à Tanger, au Maroc. "En ce moment même, il se passe des discussions et la France soutient les médiations africaines qui sont engagées. Et je mets en garde ceux qui voudraient s'y opposer", a-t-il ajouté. (Joe Penney et Mathieu Bonkoungou, avec Jean-Baptiste Vey à Tanger; Pierre Sérisier pour le service français)

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