Burkina-L'armée lance un ultimatum aux putschistes

le , mis à jour à 13:05
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(actualisé §2-3) OUAGADOUGOU, 22 septembre (Reuters) - L'armée du Burkina Faso a enjoint aux militaires putschistes de la garde présidentielle de déposer les armes d'ici 10h00 (GMT) sous peine d'être attaqués, a déclaré mardi un officier. Passée l'heure butoir, les soldats loyalistes ont dit se préparer à donner l'assaut sur le camp Naaba, près du palais présidentiel, où se trouvent les putschistes. Ces derniers contrôlent toujours le palais présidentiel, alors que l'armée tient la plupart des autres points stratégiques de Ouagadougou, rapportent des témoins. Les putschistes ont par ailleurs libéré le Premier ministre de transition Yacouba Isaac Zida, qui a regagné sa résidence officielle dans la capitale, a dit son aide de camp Boris Nadie. Des soldats venus de plusieurs bases de province sont entrés lundi soir dans la capitale, Ouagadougou, sans rencontrer de résistance, tandis que leurs chefs entamaient des discussions sur la reddition des 1.200 hommes du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), auteur du coup d'Etat de mercredi dernier. Le putsch a fait dérailler le délicat processus de transition mis en place après la chute du président Blaise Compaoré en octobre 2014 et qui prévoit la tenue d'élections présidentielle et législatives le 11 octobre. Le président par intérim Michel Kafando, qui a été arrêté pendant le putsch pour ensuite être placé en résidence surveillée, a trouvé refuge lundi à la résidence de l'ambassadeur de France à Ouagadougou. Les chefs d'Etat et de gouvernement de la Cédéao (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest) doivent se rencontrer dans la journée à Abuja, au Nigeria, pour examiner la situation. Un accord de sortie de crise élaboré dimanche par le Sénégal et le Bénin, qui prévoyait notamment une amnistie pour les putschistes et la possibilité pour les anciens partisans de Blaise Compaoré de se présenter aux élections, a été rejeté par la société civile et l'opposition. Le chef de la junte, le général Gilbert Diendéré, a publié un communiqué lundi soir dans lequel il annonçait son intention de libérer le Premier ministre Yacouba Isaac Zida et promettait de remettre les clés du pouvoir à un gouvernement provisoire. "Nous promettrons de travailler à la cohésion de l'armée (et) présentons nos excuses au pays et à la communauté internationale", a-t-il dit à la télévision. On ne sait pas où se trouve l'officier putschiste. Le président français François Hollande a appelé lundi les auteurs du coup d'Etat à déposer les armes immédiatement et a menacé de sanctions ceux qui s'opposeraient à la tenue d'élections régulières à l'issue du processus de médiation en cours. Il a également annoncé la suspension de l'aide financière et militaire à Ouagadougou jusqu'au rétablissement du gouvernement de transition. Les présidents du Tchad et du Niger ont également demandé aux hommes du RSP de déposer les armes. (Nadoun Coulibaly, Mathieu Bonkoungou, Joe Bavier, Joe Penney; Danielle Rouquié et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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