Burkina Faso-Le général Gilbert Diendéré inculpé

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OUAGADOUGOU, 7 octobre (Reuters) - La justice du Burkina Faso a inculpé mardi le général Gilbert Diendéré et l'ancien ministre des Affaires étrangères Djibril Bassolé de onze chefs d'accusation, dont ceux d'attentat à la sûreté de l'Etat et de meurtre, pour leur rôle dans le coup d'Etat du 17 septembre, qui avait rapidement tourné court, a-t-on déclaré de source judiciaire. Le général Diendéré avait dirigé ce putsch mené par des éléments du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), qui avaient arrêté le président de transition Michel Kafando, le Premier ministre Issac Zida et les membres du gouvernement provisoire. Si ce putsch a échoué au bout de quelques jours, certains éléments ont refusé de déposer les armes, contraignant l'armée, fidèle aux autorités de transition, à intervenir contre leur base la semaine dernière dans la capitale Ouagadougou. Gilbert Diendéré a été remis jeudi dernier aux autorités de transition, après s'être tout d'abord réfugié à la nonciature apostolique (ambassade) du Vatican à Ouagadougou. Djibril Bassolé a été également arrêté en lien avec le putsch de septembre. Parmi les autres chefs d'inculpation retenus contre le général Diendéré et Djibril Bassolé, deux proches de l'ancien président Blaise Compaoré, figurent ceux de collusion avec des forces étrangères en vue de déstabiliser la sécurité intérieure, coups et blessures volontaires ou encore destruction volontaire de biens, ont déclaré deux sources proches de la justice. Au moins 11 personnes ont été tuées et 271 autres blessées lors de la répression des manifestations contre les putschistes dans les journées où ils tenaient le pouvoir. Des élections présidentielle et législatives doivent avoir lieu normalement dimanche au Burkina Faso. Ces scrutins, qui pourraient être reportés du fait du putsch de septembre, sont censés parachever le retour de la démocratie un an après la chute de Blaise Compaoré à la suite d'importantes manifestations contre son projet de modifier la Constitution pour rester plus longtemps à la présidence, qu'il occupait depuis 27 ans. (Mathieu Bonkoungou; Eric Faye pour le service français)

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