Burkina Faso-Diendéré demande au RSP de déposer les armes

le , mis à jour à 21:36
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(Actualisé, appel de Diendéré, tirs, soldats dans la caserne) OUAGADOUGOU, 29 septembre (Reuters) - Le général Gilbert Diendéré, auteur d'un putsch manqué à la mi-septembre au Burkina Faso, a demandé mardi soir à la garde présidentielle qui l'avait soutenu de déposer les armes. Selon un officier de l'armée gouvernementale, les soldats ont pu pénétrer dans la caserne du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) à Ouagadougou "sans rencontrer beaucoup de résistance". Peu auparavant, des coups de feu avaient été entendus près de la caserne, devant laquelle les soldats burkinabés loyalistes avaient pris position. Le général Diendéré a lancé son appel lors d'une interview à Radio Oméga, précise le compte Twitter de la station. "Aujourd'hui, vu la dégradation de la situation sécuritaire, je demande aux éléments de l'ex-RSP d'accepter le désarmement, d'accepter de déposer les armes pour ne pas envenimer la situation", a-t-il dit. "Je demande à tous les éléments de rentrer dans les rangs et de laisser tomber, de baisser les armes et de revenir au niveau de la caserne ou au niveau de leur lieu d'affectation." Le RSP a été dissous vendredi à la suite de l'éphémère coup d'Etat de Diendéré mais refusait de déposer les armes. "J'entends des tirs, ils sont espacés et pas réguliers", a déclaré un habitant du quartier Ouaga 2000 de la capitale burkinabé. Dans un communiqué, l'armée a recommandé dans la journée à la population d'éviter le secteur de Ouaga 2000, proche de la présidence et où se trouve la caserne du RSP, et aux habitants de se calfeutrer chez eux. Elle a également demandé aux journalistes de se tenir à l'écart et de ne rien révéler sur les positions des soldats "afin de ne pas compromettre les opérations en cours". AÉROPORT FERMÉ L'aéroport de la capitale a été fermé. Lundi, le chef d'état-major des forces armées a déclaré que les membres de l'ex-garde prétorienne refusaient de rendre les armes. Il a accusé le général Gilbert Diendéré, de chercher l'appui de forces étrangères et de activistes islamistes. La gendarmerie a par ailleurs arrêté mardi Djibril Bassolé, ancien ministre des Affaires étrangères de l'ex-président Blaise Compaoré, chassé du pouvoir l'an dernier sous la pression de la rue. La candidature de Bassolé à l'élection présidentielle prévue le 11 octobre prochain a été rejetée au début du mois par le Conseil constitutionnel. Le général Diendéré avait cité ce rejet de candidature comme l'une des raisons du putsch du 17 septembre. Les violences liées à la tentative de coup d'Etat ont fait au moins onze morts et 271 blessés. Le RSP, qui appuyait le général Diendéré, a été dissous vendredi par décret lors du premier conseil des ministres qui a suivi le rétablissement dans ses fonctions du président de transition, Michel Kafando. (voir ID:nL5N11V3V7 ) Dans une interview accordée lundi à la chaîne de télévision France 24, le général Diendéré a pour sa part assuré que le désarmement se poursuivrait en dépit des menaces et des arrestations visant des membres de l'ancienne garde présidentielle. (voir ID:nL5N11Y4A9 ) Après avoir suivi un traitement médical au Maroc, l'ancien président Compaoré devait regagner ce mardi la Côte d'Ivoire, où il vit en exil depuis un an. (Mathieu Bonkoungou avec Makini Brice et Nadoun Coulibaly; Henri-Pierre André et Guy Kerivel pour le service français)

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