Burkina-Compaoré démissionne, l'armée dit assumer le pouvoir

le
0

par Mathieu Bonkoungou et Joe Penney OUAGADOUGOU, 31 octobre (Reuters) - Le président burkinabé Blaise Compaoré a annoncé vendredi sa démission et le chef d'état-major de l'armée, le général Honoré Traoré, a ensuite proclamé qu'il assumait désormais les fonctions de chef de l'Etat au Burkina Faso. Un convoi lourdement armé, à bord duquel semble se trouver Blaise Compaoré, a été aperçu en direction de la ville de Po, dans le sud du Burkina Faso près de la frontière avec le Ghana, ont rapporté deux sources diplomatiques et des médias locaux. "J'ai décidé de mettre en oeuvre l'article 43 de la Constitution. Je déclare la vacance du pouvoir en vue de permettre la mise en place d'une transition devant aboutir à des élections libres et transparentes dans un délai maximal de 90 jours", déclare Blaise Compaoré dans un communiqué lu à la télévision et à la radio. Le général Traoré est en revanche resté plus vague sur le calendrier de transition, se contentant d'évoquer un retour à l'ordre constitutionnel le plus rapidement possible. La France a salué la démission de Blaise Compaoré et a demandé la tenue rapide d'élections démocratiques. ID:nL5N0SQ443 Quelques minutes avant l'annonce de la démission du chef de l'Etat, sur la place de la Nation de Ouagadougou où une foule immense était rassemblée pour exiger la démission du président, le lieutenant-colonel Issaac Zida, de la garde présidentielle, avait déclenché des cris de joie en déclarant que Blaise Compaoré n'était "plus au pouvoir". Les manifestants étaient vendredi encore plus nombreux que les jours précédents à Ouagadougou, certainement des centaines de milliers, selon un journaliste de Reuters. Leur colère a été déclenchée par un projet de réforme de la Constitution qui aurait permis à Blaise Compaoré, arrivé au pouvoir en 1987, de se présenter à nouveau en 2015 à l'élection présidentielle. Les manifestants ont envahi l'Assemblée nationale et mis à sac la télévision publique jeudi puis affronté les forces de l'ordre aux abords du palais présidentiel pendant que les chefs de file de l'opposition rencontraient des responsables de l'armée. (Avec Daniel Flynn et Bate Felix à Dakar; Bertrand Boucey pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant