Burgnich : " Aujourd'hui, le jeu est souvent plus fermé qu'à mon époque " .

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Burgnich : " Aujourd'hui, le jeu est souvent plus fermé qu'à mon époque " .
Burgnich : " Aujourd'hui, le jeu est souvent plus fermé qu'à mon époque " .

Dans les années 1960, Tarcisio Burgnich était surnommé " la Roche ". Le stoppeur de la Grande Inter d'Helenio Herrera, qui aura joué trois Mondiaux avec l'Italie et remporté un Euro, aura aussi entraîné durant 23 ans dans toute la Botte. À l'occasion du numéro hors-série Tactique de So Foot, il revient sur les évolutions tactiques de son époque à aujourd'hui, de la courte vie du libéro aux méthodes du Mago Herrera.

Comment raconter le schéma tactique de l'Inter d'Herrera ? Moi, je jouais défenseur central droit, à l'époque j'étais ce qu'on appelait un " marqueur ". Mon rôle, c'était de défendre en individuel sur mon adversaire direct de la soirée. Dans cette équipe, il y avait quatre défenseurs : moi-même, Guarneri, Picchi et Facchetti. Mais on avait des rôles différents : Guarneri faisait comme moi sur l'autre attaquant, Picchi avait le rôle du libéro, et enfin Facchetti était une sorte de latéral gauche en avance sur son temps. Le premier au monde. Au milieu, on avait Tagnin qui nous protégeait. Et devant, cinq attaquants : Jair en ailier à droite, Peiro en pointe, Corso à gauche, et Mazzola et Suárez dans l'axe. Je peux vous dire que ça allait vite, avec tous ces créateurs
Picchi, c'était quel genre de libéro ? Guarneri et moi, on jouait sur le dos de notre adversaire direct, on devait le suivre partout, alors que Picchi était derrière et avait pour occupation de rattraper nos erreurs. Si on laissait filer un joueur, il était là pour s'en occuper. Mais Picchi ne montait pas du tout comme Beckenbauer à l'époque. Il parlait beaucoup sur le terrain, il avait une vraie personnalité et cette capacité à donner envie de partir au combat, mais il ne dépassait pas la ligne des défenseurs. Je me souviens bien des discours d'Herrera : " Toi, t'es défenseur. Ton objectif, c'est de ne pas faire marquer les adversaires. Aucune erreur. Toi, t'es attaquant. Ton objectif, c'est de la mettre au fond. " Picchi, lui, c'était le défenseur des défenseurs. On ne pouvait pas sortir de nos rôles, à part Facchetti qui jouait sur toute la largeur et qui faisait ce qu'il voulait.
Les défenseurs ne sont pas amenés à être plus libres ? Moi, je dis toujours que l'attaquant est un fantaisiste que le défenseur doit annuler. À l'époque, le défenseur avait vraiment un second rôle : il bougeait seulement en fonction de son attaquant. Eux, ils faisaient. Et nous, on les empêchait de faire. À Udinese, Comuzzi me disait toujours : " Avec un œil et demi, tu regardes l'homme, et avec l'autre moitié de l'œil, tu surveilles le ballon. " Il n'y avait pas qu'Herrera qui pensait comme ça. En 1965, on joue en finale de Coupe des clubs champions contre le Benfica d'Eusébio. On défend un corner. Moi,...


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