Bureaux : le marché ralentit sans s'effondrer

le
0
Malgré un repli de la demande placée et de l'investissement, le marché des bureaux va se situer dans la moyenne de celui des dix dernières années.

Le ralentissement du marché de l'immobilier de bureau en 2012, annoncé en 2011, a bien eu lieu. L'année va se terminer avec 2,1 millions de mètres carrés placés, contre 2,4 millions l'an dernier, et en province avec 1,1 million de mètres carrés placés, contre 1,25 million. Mais ces chiffres restent dans la moyenne de ceux observés sur les dix dernières années.

Il faut dire que 2011 avait été dopée par de grandes transactions, telles SFR à Saint-Denis (80.000 m²), Thales à Gennevilliers (76.000 m²), EDF à Lyon (15.000 m²), ­Airbus à Toulouse (13.000 m²). «Cette année, ces mega deals ont fait défaut, en raison notamment d'une offre neuve insuffisante ou de qualité moyenne: en région parisienne, par exemple, 25% seulement des bâtiments seraient HQE. Et d'ici à la fin de l'année, aucune transaction spectaculaire ne semble se profiler», constate Maurice Gauchot, président de CBRE France. Et Thierry Laroue-Pont, président France BNP Paribas Real Estate Advisory, d'ajouter: «Sur tout le territoire, les écarts se creusent entre un loyer prime en pénurie d'offre et un loyer de seconde main qui commence à subir quelques corrections.» Quelques prises à bail significatives sont à relever dans les surfaces supérieures à 20.000 m², comme Thales à Vélizy-Villacoublay sur près de 49.000 m² ou le groupe Casino à Vitry-sur-Seine sur 24.600 m². Entre 10.000 et 20.000 m², là aussi quelques belles transactions: 19.500 m² à Saint-Denis par la SNCF ou 16.200 m² à Issy-les Moulineaux par Safran. «Ces mouvements de grands utilisateurs sont motivés par la recherche d'une économie passant par la rationalisation. Le neuf et l'ancien ­restructuré représentent 71% des ­transactions», note Thierry Laroue-Pont. L'offre disponible à un an devrait se stabiliser entre 4,5 et 4,7 millions de mètres carrés, en raison notamment de la rareté de nouveaux lancements en blanc.

Montée en gamme de la Seine-Saint-Denis

Dans ce contexte, le taux de vacance des bureaux en Ile-de-France, qui s'établit à 7,1% et à 4,4% dans Paris intramuros, devrait peu évoluer. «Ce marché est d'ailleurs, en volume, celui qui résiste le mieux sur la scène européenne, avec un taux de vacance nettement inférieur à celui de Londres, en raison d'une absence de suroffre dans le QCA (quartier central des affaires, NDLR) et d'un marché diversifié. Aucune activité ne dépasse les 20%», rappelle Jacques Bagge, directeur du département Agence chez Jones Lang LaSalle.

Dans Paris intramuros, quelques transactions prestigieuses dans le QCA: au 17, avenue Matignon, Hogen Lovells a loué 7000 m², et au 25, avenue Frank­lin-Roosevelt, Deutsche Bank a pris 7200 m². «Ces immeubles sont plébiscités par des sociétés qui jouent la carte de l'adresse, de la fonctionnalité et de prestations haut de gamme pour garder leurs meilleurs collaborateurs ou attirer de nouveaux talents», confie Philippe Perello, de la société de conseil Knight Frank. Hors de Paris, en Seine-Saint-Denis, la ville de Saint-Denis tire son épingle du jeu, mise récemment à l'honneur avec l'inauguration de la Cité du cinéma et ses 62.000 m² (dont 20.000 m² de bureaux). Depuis quelques années d'ailleurs, la ville bouge avec l'arrivée d'utilisateurs comme SFR ou SNCF pour leur siège social, mais aussi Satchi & Satchi dans la publicité, Generali pour l'assurance, Arcelor et Rank Xerox dans l'industrie... «Il se passe manifestement quelque chose sur cette ville qui bénéficie de sa position limitrophe de Paris, d'une parfaite desserte en transports en commun, d'une offre dense et variée et de loyers attractifs», reconnaît Jacques Bagge.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant