Burberry jette un froid sur le luxe européen

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BURBERRY DÉVISSE EN BOURSE
BURBERRY DÉVISSE EN BOURSE

PARIS/LONDRES (Reuters) - L'avertissement lancé par Burberry mardi matin a provoqué un plongeon des valeurs du luxe européen, dans un marché qui redoute un ralentissement plus marqué que prévu du secteur en raison du tassement de la croissance chinoise et de la crise sans fin de la dette européenne.

Le groupe britannique, célèbre pour ses trench-coats doublés de tartan, a pris le marché par surprise en annonçant que ses ventes avaient été stables à magasins comparables cet été, du 1er juillet au 8 septembre.

Invoquant la dégradation de l'économie mondiale et une baisse du trafic dans ses magasins, Burberry a indiqué que ses résultats annuels s'inscriraient dans le bas de la fourchette de ses prévisions.

Le titre, qui a décroché dès l'ouverture de la Bourse et lâchait 18,9% vers 12h20, a entraîné dans son sillage LVMH (-4,4%), PPR (-4,2%), Richemont (-5,7%), Swatch Group (-4,2%).

Seul Hermès limite les dégâts (-0,9%), le sellier de la rue Saint-Honoré ayant récemment affirmé que la tendance de ses ventes du mois d'août n'avait pas ralenti par rapport au premier semestre et que sa croissance ne faiblissait pas en Chine.

"Il s'agit de la première grosse déception pour le secteur du luxe", estiment les analystes de Morgan Stanley dans une note.

"C'est un fort ralentissement qui montre que Burberry n'est pas insensible à l'environnement macroéconomique", soulignent les analystes d'Investec, tandis que ceux de Credit Suisse estiment que "les tendances du luxe ralentissent nettement au second semestre, dans un contexte difficile".

Après une année record et des taux de croissance dépassant souvent les 20%, les analystes anticipaient un net tassement du luxe en 2012.

Le ralentissement de l'économie chinoise et la crise de la dette en Europe, bien que compensée par d'importants achats touristiques, ont d'ores et déjà impacté les ventes du secteur au deuxième trimestre, avec cependant d'importantes disparités selon les griffes.

Personne n'était disponible dans l'immédiat auprès de LVMH ou PPR pour apporter un éclairage sur l'évolution de leurs ventes au cours des toutes dernières semaines.

Pascale Denis, avec Astrid Wendlandt et James Davey à Londres, édité par Dominique Rodriguez

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