Bulgarie - Le Conseil de l'Europe dénonce la torture en prison

le
0

STRASBOURG, 29 janvier (Reuters) - La situation dans les prisons en Bulgarie, qui conjugue conditions de détention inhumaines et mauvais traitements confinant à la torture, n'a que peu évolué depuis les années post-communistes, dénonce un rapport publié jeudi à Strasbourg par le Conseil de l'Europe. Le Comité pour la prévention de la torture, une instance de l'organisation paneuropéenne qui a effectué, au printemps 2014, sa neuvième visite dans le pays depuis 1995, regrette que "la très grande majorité de ses recommandations" soient restées lettre morte. Le nouveau rapport pointe du doigt les mauvais traitements infligés aux détenus, tant lors de leur garde à vue par la police que dans les établissements pénitentiaires, le surpeuplement carcéral, la violence entre les détenus et la corruption "endémique" qui gangrène les prisons. "Dans des cas isolés, les mauvais traitements allégués étaient d'une telle gravité qu'ils pourraient être qualifiés de torture", estime le CPT qui évoque des coups de matraque sur la plante des pieds, un menottage, en hyper-extension, à des crochets fixés au chambranle d'une porte ou l'infliction de chocs électriques par arme à impulsion électrique. Parmi les exemples cités figure celui de la prison de Sofia, la capitale, établissement "insalubre et infesté de vermine", où une cellule de 9m2 peut accueillir six personnes. Hasard ou non du calendrier, la Cour européenne des droits de l'homme, un autre organe du Conseil de l'Europe, a condamné la Bulgarie mardi à indemniser quatre détenus pour les conditions "inhumaines et dégradantes" de leur incarcération. Dans son arrêt, la Cour pointe du doigt un problème "systémique" et donne 18 mois au pays pour mettre en place un mécanisme de recours interne contre de telles situations. Dans sa réponse au rapport du Comité de prévention de la torture, la Bulgarie salue des recommandations "bien fondées et objectives", en reconnaissant que les standards exigés "ont été atteints, voire dépassés, dans la plupart des pays membres de l'Union européenne" dont elle est membre depuis 2007. Le gouvernement s'engage à les mettre en œuvre rapidement, "pour celles qui ne mettent pas en jeu des ressources financières conséquentes". (Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant