Budgets européens : un risque pour les marchés

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Le dialogue se muscle entre l'Italie et la Commission européenne alors que la lettre de Bruxelles a été rendue publique par la presse.
Le dialogue se muscle entre l'Italie et la Commission européenne alors que la lettre de Bruxelles a été rendue publique par la presse.

La rumeur parue mardi s'est confirmée : cinq Etats-membres de l'UE ont reçu une lettre de la Commission européenne (CE) leur demandant de s'expliquer sur leur budget 2015. En France, François Hollande minimise. En Italie, la lettre a été rendue publique et le dialogue se durcit.

Le malaise est là, et il devient difficile à cacher. Cinq Etats ont reçu une lettre de Bruxelles leur demandant des précisions sur leur budget prévisionnel de l'an prochain.

France : sourire crispé

Côté français, le gouvernement essaie de minimiser l'enjeu. François Hollande a insisté en conférence de presse sur le fait que la lettre était « très banale » dans son contenu. La requête de Bruxelles n'aurait rien d'un avertissement sur une possible sanction à venir ; il s'agirait d'une simple demande d'information sur des points complexes du budget.

Une affirmation quelque peu difficile à croire alors que le gouvernement a refusé de rendre la lettre publique, ou du moins certains extraits. L'entretien du mystère crée inévitablement le doute.

Le sourire affiché par le gouvernement semble ainsi très crispé alors que selon d'autres sources, le dialogue entre Paris et Bruxelles est tendu. Selon le peu d'informations disponibles, la Commission européenne n'hésiterait pas à sanctionner la France si son budget n'est pas modifié rapidement pour limiter son déficit structurel.

Italie : avertissement

L'Italie n'est pas dans la même situation de secret que la France alors que la lettre qui lui a été adressée a été rendue publique par la presse. Ce qui en ressort n'a rien de positif.

La lettre oblige en effet l'Italie à se justifier sur le dérapage de son budget par rapport aux critères prévus. La lettre souligne la « déviation importante » de ce budget et laisse jusqu'à aujourd'hui vendredi 24 octobre pour que le gouvernement présente un plan pour remédier au problème. Six milliards d'économies seraient à réaliser en plus, soit environ 0,3% des coûts structurels auxquels fait face le pays.

Réponse immédiate de Matteo Renzi : le coût des institutions européennes devrait également être rendu public de manière à voir ce que cela coûte aux Etats-membres. Un dialogue musclé où les raccourcis risquent de renforcer l'animosité intra-européenne sans aller vers des solutions constructives.

Cette montée des tensions arrive alors que l'Italie risque une nouvelle récession. Son PIB pourrait ressortir en contraction au T3 après s'être déjà contracté de 0,3% au T2 2014.

Les marchés risquent de s'inquiéter

Alors que les tensions semblent monter, on peut s'étonner de voir l'absence de réaction des marchés. Depuis le début de la semaine, les indices européens ont progressivement regagné du terrain par rapport à la semaine précédente. Et pourtant, d'éventuels refus de Bruxelles sur les budgets européens au cours de la semaine prochaine pourraient faire l'effet d'une bombe.

Les démons de la crise des dettes souveraines pourraient en effet revenir bien vite. Les marchés n'aiment pas l'incertitude, or une sanction de la France ou de l'Italie créerait une très grande incertitude sur les conséquences économiques et politiques qui s'ensuivraient. L'Italie comme la France semblent bien déterminées à ne pas modifier leur budget d'un iota alors que Bruxelles menacerait d'une amende de plusieurs milliards de dollars.

Ce sentiment de « dialogue de sourds » entre l'UE et les Etats-membres pourrait ainsi décrédibiliser l'Europe et susciter la défiance des marchés. Serait-ce le premier signal d'une période plus troublée sur les marchés actions ? Hier, Carmignac Gestion avertissait sérieusement les investisseurs sur les turbulences que pourrait traverser le marché à court et moyen terme.

Xavier Bargue

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  • M6827458 le vendredi 24 oct 2014 à 15:18

    la bafouille est déjà sur le marché, vous allez en prendre connaissance sous peu.

  • c.voyant le vendredi 24 oct 2014 à 14:30

    Too big to fail, alors comme les banques en faillites en 2008 on fait ce que l'on veut en ricanant! L'Europe prise à son propre piège!

  • M6437502 le vendredi 24 oct 2014 à 14:26

    Une amende ne ferait qu'aggraver la crise ! C'est bien là une décision stupide de l'Europe qui gaspille des fonds énormes pour son simple fonctionnement. Des salaires et avantages scandaleux à une myriade de fonctionnaires et des interventions dans des domaines que chaque pays pourrait faire à moindre frais. Et une reco à Vanzan pour les dollars.

  • JMH01 le vendredi 24 oct 2014 à 14:23

    Il a peur que Merkel lui donne la fessée c.u.l. nu!!

  • olive84 le vendredi 24 oct 2014 à 14:21

    Tout ca c est du cinema... Bruxelles fait semblant de hausser le ton, mais sait tres bien que le gvt va leur faire un doigt en leur disant d aller se faire cuire un oeuf !!.. et Bruxelles n osera jamais retoquer le rpojet du gvt!!!... du cinema pour faire semblant de justifier leurs astronomiques salaires !!

  • fquiroga le vendredi 24 oct 2014 à 14:05

    Traiter Bruxelles par le mépris n'arrangera pas la situation de la France. On finira seuls, isolés de tous, mais droits dans nos bottes..... En somme nous mourons guéris.

  • soulamer le vendredi 24 oct 2014 à 14:03

    faut voir les choses en grand avoir de l'ambition apres avoir menti aux francais ments aux européens ce sera une belle perf

  • monjohn le vendredi 24 oct 2014 à 13:31

    De toute façon, on est foutu!

  • vanzam le vendredi 24 oct 2014 à 13:22

    Erreur dans l'article:"alors que Bruxelles menacerait d’une amende de plusieurs milliards de dollars."Je ne savais pas que Bruxelles donne des amendes en dollars !!!!Bonne journée

  • bstefank le vendredi 24 oct 2014 à 12:48

    C'est bien l'Italie qui a la présidence de l'UE en ce moment ?