Budget: des députés de droite dénoncent le dérapage des comptes publics

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Une quinzaine de députés de l'UMP membres de la commission des Finances, accompagnés de quelques élus UDI, ont livré mardi devant la presse à l'Assemblée une attaque en règle contre le dérapage des comptes publics et réclamé "une opération vérité".

Du président de la commission des Finances Gilles Carrez aux anciens ministres du Budget Valérie Pécresse et Eric Woerth en passant par Laurent Wauquiez, Hervé Mariton ou Jean-François Lamour, ils se sont succédé pour demander au gouvernement un projet de loi de finances rectificative.

Le déficit de l'Etat devrait dépasser les 80 milliards d'euros en fin d'année, au lieu des 61,6 milliards prévus par la loi de finances, ont calculé les députés UMP et UDI dans un rapport rendu public mardi mais révélé lundi soir par lefigaro.fr.

"Les comptes dérapent, avec des moins-values en recettes d'environ 15 milliards d'euros et des dépenses qui devraient aussi déraper sur les comptes sociaux mais aussi sur les comptes de l'Etat. Comparé à la même période de 2012, le dérapage en recettes et en dépenses est plus du double mais le gouvernement dit qu'il n'y a pas besoin de collectif budgétaire et ne dit pas sur quoi vont porter les 10 milliards d'euros d'économies annoncées au budget 2013 alors qu'il a fait sauter tous les verrous de dépenses. Pour nous, il est important de faire une opération vérité sur l'évolution des comptes publics", a ainsi lancé M. Carrez.

Eric Woerth a dénoncé "une loi insincère, un mensonge aux Français", alors que nous, nous avions systématiquement rectifié les budgets", Marie-Christine Dalloz clamant que "l'Assemblée va voter une loi sur la transparence alors que sur les comptes de l'Etat c'est l'opacité".

Olivier Carré a plaidé aussi pour que le gouvernement "revoie sa copie". Le "scénario le plus probable serait un déficit budgétaire supérieur de 20 milliards d'euros aux prévisions, le plus pessimiste qu'il les dépasse de 30 milliards et le plus optimiste qu'il excède les prévisions d'environ 15 milliards", a-t-il dit.

De l'avis de Laurent Wauquiez, "l'overdose fiscale, notamment pour les classes moyennes, fait que les impôts rentrent beaucoup moins bien". Selon lui, le gouvernement "prend le risque que la parole de la France soit remise en cause".

Valérie Pécresse a affirmé que "la France se dirige vers un déficit de plus de 4% en 2013", focalisant ses critiques contre le crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE), "usine à gaz aux effets limités".

Et François Cornut-Gentille, entre autres orateurs, a déploré l'abandon du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant en retraite (RGPP), remplacé par une MAP (modernisation de l'action publique) "au pilotage flou et encore limitée au diagnostic".

Interrogé sur une désindexation des dépenses sociales, M. Carrez a plaidé pour "une désindexation mesurée, via des mesures difficiles mais prises par les pays qui ont redressé leurs comptes".

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