Budget de l'UE: les conditions pas encore réunies pour un accord, dit Hollande

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François Hollande a affirmé dimanche, en recevant le chef du gouvernement italien Mario Monti, que les conditions n'étaient "pas encore réunies" pour un accord sur le budget de l'Union européenne 2014-2020 lors du prochain sommet de Bruxelles des 7 et 8 février.

"Nous constatons que la négociation est très difficile parce qu'elle touche à une conception de l'Europe fondée à nos yeux sur la solidarité et sur la croissance mais également à des intérêts nationaux. Et il est bien légitime que chaque chef d'Etat ou de gouvernement défende le sien", a déclaré M. Hollande.

"Donc nous faisons tout pour que, lors du prochain conseil (européen), nous puissions trouver un accord mais les conditions ne sont pas encore, à ces heures, réunies", a-t-il ajouté lors d'une déclaration à l'Elysée au côté de M. Monti.

"Il nous reste encore quelques jours, et j'imagine une nuit entière, pour aboutir au résultat que nous souhaitons tous, c'est-à-dire une négociation réussie", a poursuivi M. Hollande.

"J'espère qu'on pourra trouver un accord en essayant de respecter le paquet qu'on avait eu du mal à négocier en novembre. Et j'espère que le système qui en découlera sera plus juste", a de son côté souhaité Mario Monti, faisant remarquer que l'Italie avait été "le premier contributeur net au budget de l'Union en 2012".

"La contribution nette de chaque pays membre doit être à la hauteur de la situation économique de chacun, compte tenu de la crise financière qui a sévi pour certains plus que pour d'autres", a expliqué le président du conseil italien, qui a dû imposer une cure d'extrême austérité à son pays pour sortir de la crise.

Par ailleurs, à trois semaines des législatives en Italie (24 et 25 février) pour lesquelles M. Monti fait campagne, François Hollande a souligné ses excellentes relations avec le dirigeant italien.

"Je dois dire que la coopération entre la France et l'Italie sur les dossiers européens et les questions internationales est d'un niveau exceptionnel", a-t-il fait valoir. "Cela tient à une relation personnelle sûrement" mais "aussi à des choix politiques", a déclaré le président français, rappelant que les deux pays avaient fait cause commune pour faire avancer le pacte de stabilité et de croissance lors du sommet européen de juin.

"Depuis l'arrivée de François Hollande (au pouvoir), la collaboration entre le France et l'Italie s'est distinguée par une vision commune", a renchéri M. Monti.

Les dirigeants européens se retrouvent jeudi et vendredi à Bruxelles pour trouver un compromis sur le budget de l'UE pour la période 2014-2020, après l'échec du précédent sommet fin novembre consacré à ce sujet.

Lors de ce sommet, le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, avait proposé un budget de l'UE à 973 milliards d'euros (1,01% du PIB européen). Mais les dirigeants européens n'ont pas réussi à surmonter leurs divergences sur le montant des coupes demandées par certains Etats membres et sur la répartition de ces réductions de dépenses entre les différentes politiques européennes.

Selon plusieurs sources européennes, les négociations portent sur un montant de 20 à 25 milliards d'euros de coupes supplémentaires à opérer dans le dernier compromis présenté en novembre.

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