Bruxelles-Les terroristes voulaient à nouveau frapper en France

le , mis à jour à 14:30
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 (Actualisé avec contexte) 
    par Robert-Jan Bartunek 
    BRUXELLES, 10 avril (Reuters) - Les auteurs des attentats 
qui ont fait 32 morts à Bruxelles le 22 mars envisageaient dans 
un premier temps de mener de nouvelles attaques à Paris après 
celles du 13 novembre, a déclaré le procureur fédéral de 
Belgique dimanche. 
    Les membres de cette cellule terroriste ont modifié leurs 
projets dans l'urgence et décidé de frapper en Belgique après 
l'arrestation de plusieurs suspects, a-t-il expliqué. 
    "De nombreux éléments de l'enquête montrent que le groupe 
terroriste avait initialement l'intention de frapper à nouveau 
en France", a déclaré le procureur fédéral belge dans un 
communiqué. 
    "Surpris par la rapidité des progrès de l'enquête, ils ont 
pris la décision de frapper à Bruxelles", a-t-il ajouté. 
    Les enquêtes en cours sur les attentats de Paris et 
Saint-Denis le 13 novembre, qui ont fait 130 morts, ont montré 
qu'un grand nombre de leurs auteurs vivaient ou avaient vécu en 
Belgique, et parmi eux les suspects encore vivants, arrêtés ces 
dernières semaines après plus de quatre mois de cavale.  
    Salah Abdeslam, dernier rescapé du commando qui a tué 130 
personnes à Paris et à Saint-Denis le 13 novembre, a été 
interpellé à Bruxelles cinq jours avant les attaques suicide 
contre l'aéroport de la capitale belge à Zaventem et contre la 
station de métro Maelbeek dans le centre de la ville, non loin 
du siège de plusieurs institutions européennes. 
    Né en Belgique de parents originaires du Maroc, Abdeslam a 
déclaré à un juge qu'il prévoyait initialement de se faire 
exploser devant le Stade de France à Saint-Denis dans la soirée 
du 13 novembre mais qu'il avait renoncé à la dernière minute.  
    Son frère Brahim s'est quant à lui fait exploser le même 
soir au Comptoir Voltaire, un café du XIe arrondissement de 
Paris. 
     
    TOUS LES SUSPECTS IDENTIFIÉS SONT MORTS OU INCARCÉRÉS 
    Un autre homme soupçonné d'être impliqué dans la préparation 
des attentats de Saint-Denis et Paris, Mohamed Abrini, a été 
arrêté à Bruxelles vendredi et il a reconnu devant un magistrat 
être "l'homme au chapeau" filmé par des caméras de surveillance 
en compagnie des deux kamikazes qui se sont fait exploser dans 
le hall des départs de l'aéroport de Zaventem. 
    Abrini, 31 ans, a été inculpé d'"assassinats terroristes", a 
précisé le parquet fédéral.  
    Le parquet de Paris s'est refusé à tout commentaire. 
    Un autre suspect de premier plan, identifié par la justice 
comme Oussama K, a lui aussi été arrêté vendredi. Les enquêteurs 
ont établi qu'il était l'homme qui se trouvait le 22 mars dans 
la station de métro de Maelbeek, où un kamikaze s'est également 
fait sauter. 
    Identifié par la presse locale comme étant un ressortissant 
suédois du nom d'Oussama Krayem, il pourrait être également 
impliqué dans les attentats parisiens. 
    Il a été filmé en train d'acheter les sacs utilisés pour 
transporter les bombes de Bruxelles. Ses empreintes, comme 
celles d'Abrini, ont été retrouvées dans un appartement utilisé 
pour la fabrication des engins explosifs et comme planque par 
les terroristes.  
    La police estime que Krayem, comme d'autres suspects des 
dossiers de Bruxelles et Paris, a combattu dans les rangs de 
l'organisation Etat islamique (EI) en Syrie et qu'il en est 
revenu l'été dernier en se joignant au flux de migrants et 
réfugiés qui gagnaient la Grèce par la mer.  
    Les services de renseignement et de sécurité belges ont été 
critiqués ces derniers mois, y compris à l'étranger, pour ne pas 
avoir démantelé à temps la cellule terroriste, même si 
désormais, tous les suspects connus sont soit en détention soit 
morts. 
     
 
 (avec Sophie Louet à Paris; Pierre Sérisier et Marc Angrand 
pour le service français) 
 
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